Davantage de réfugiés arrivent chaque jour

31 juillet 2012
par 
Kelly Di Domenico, agente de communications

Kelly Di Domenico et Guy Des Aulniers, chargé de programmes aux secours d’urgence, sont présentement au Niger, l’un des pays les plus sévèrement atteints par la crise alimentaire que connaît le Sahel en Afrique de l’Ouest. Trois journalistes de Salt and Light Television les accompagnent pour témoigner de ce qui se déroule dans la région et pour prendre connaissance des programmes de secours d’urgence que nous appuyons au pays, en collaboration avec la Banque de céréales vivrières du Canada (Canadian Food Grains Bank).

L’équipe est arrivée au Niger le 23 juillet et visitera plusieurs des projets humanitaires que met en œuvre notre partenaire local, CADEV (Caritas Niger), dans les camps de réfugiés, les sites de distribution alimentaire et de relance agricole. Ils rencontreront les bénéficiaires et leaders locaux et ils partageront leurs histoires avec nous, pour que nous puissions mieux comprendre l’ampleur de la présente crise et ce que nous pouvons faire pour y répondre. 

« Il y a davantage de réfugiés qui arrivent chaque jour. » Tels étaient les mots de Nassar, le représentant de Caritas Niger, qui nous a accompagnés au camp de réfugiés Tabarey Baley à Ayourou, à proximité de la frontière malienne. C'est le début du désert ici, où l'air est sec et le soleil est fort. Au début de février, les Maliens ont commencé à traverser la frontière en direction du Niger pour échapper à la violence perpétrée dans leurs villages par les groupes islamistes fondamentaux qui ont pris le contrôle du Nord du pays. Beaucoup de ceux qui sont arrivés au camp racontent que leurs maisons ont été pillées, que des membres de leur famille ont été attaqués et qu’ils ne se sentaient plus en sécurité, alors ils ont marché deux jours d'affilée pour traverser la frontière et rejoindre le camp.

Ce camp a officiellement été ouvert en mai et il y a déjà 7000 personnes vivant ici, réparties dans quatre communautés. Les gens réunis autour de leurs tentes dans la lueur vive du soleil semblent encore sous le choc de ce qui s'est passé dans leur pays, de ce qui est arrivé à leurs communautés et à leurs vies.

J'y ai rencontré Youssef, un jeune garçon de 8 ans qui est arrivé avec sa famille il y a à peine deux jours. Ses grands yeux bruns affichent un regard apeuré, comme s’ils voyaient toujours la violence que lui et sa famille ont fui au Mali. Il semble confus quant à son entourage et toute l'activité qui a lieu dans le camp : les tentes qui sont montées, les enfants qui sont pesés pour la malnutrition, les jeunes filles qui cherchent de l'eau à la pompe. Ils sont cinq dans sa famille et partagent maintenant une tente basse au milieu d’une mer de tentes. Dans sa voix calme et timide, il me dit qu’ils mangent du riz tous les jours à tous les repas. Dans son village au Mali, il allait à l'école, mais maintenant ce n'est pas certain si et quand il pourra à nouveau aller en classe ou même rentrer à la maison, d’ailleurs. Et c'est le dilemme avec le camp Tabarey Baley.

La fin prochaine de cette période d’instabilité politique au Mali n’étant pas envisageable, ce qui semblait être à l'origine une situation temporaire est maintenant clairement en train d’en devenir une à long-terme. Caritas Niger aide au camp avec l'enregistrement des nouveaux arrivants et la distribution de produits non alimentaires, tels que des pots et des bâches pour s'abriter. Ils se rendent compte cependant qu'ils doivent commencer à planifier les prochaines étapes afin de s'assurer que les enfants comme Youssef puissent poursuivre leurs études, que les mères puissent nourrir leurs enfants et que les familles puissent trouver les moyens de reprendre leur vie dans ce nouvel environnement.