Des partenaires du Honduras se mobilisent contre la nouvelle loi sur les mines

Dans Plaidoyer
8 février 2012
par 
Mary Durran, chargée de programmes pour l'Amérique latine

Quelques mois après la fin des négociations controversées sur cet accord de libre-échange entre le Canada et le Honduras, le Comité sur les mines du Congrès du Honduras a annoncé le 16 janvier dernier qu’une nouvelle Loi sur les mines vient d’être élaborée et qu’elle sera débattue au Congrès.

Cette loi, telle que décrite par Pedro Landa de CEHPRODEC, partenaire de Développement et Paix, est perçue comme une pièce législative qui place les intérêts des compagnies minières internationales devant ceux des communautés touchées par les mines, devant les intérêts même du Honduras.

« Le contenu de la nouvelle loi est plus nuisible que celui de la loi actuelle, que nous avons tenté de faire amender », rapporte CEHPRODEC dans un communiqué (disponible en anglais et espagnol). « Cette loi continue la tradition de remettre notre richesse aux investisseurs honduriens et internationaux et ignore les besoins du peuple hondurien. »

Pedro Landa écrit également dans un courriel que le débat sur le contenu de la loi a été fait dans le plus grand des secrets, et que les membres de la commission du Congrès hondurien lui ont confirmé que cette législation a été produite rapidement à cause de « l’énorme pression provenant des investisseurs. »

Les sympathisants de Développement et Paix qui ont suivi sa campagne d’éducation sur les mines sont très au courant du niveau d’investissement des compagnies minières canadiennes au Honduras. En mars 2011, Pedro a témoigné devant le Comité permanent des affaires étrangères et du commerce international (CPAECI) expliquant pourquoi le Canada ne devrait pas signer l’accord de libre-échange avec le Honduras. Pedro a argumenté que le Honduras s’est montré incapable de réguler adéquatement les activités minières des compagnies internationales. Comme les mines sont une pièce maîtresse dans l’accord de libre-échange, celui-ci ne devrait pas se conclure. Pedro a dit que les compagnies minières internationales, incluant celles du Canada, sont responsables de la pollution environnementale, ont négligé de payer leurs taxes et plusieurs sont soupçonnées d’avoir soudoyé les fonctionnaires gouvernementaux.

CEHPRODEC et un grand nombre d’organisations de la société civile se mobilisent contre cette loi et concentrent présentement leurs efforts au niveau des représentants du Congrès. Développement et Paix a également signé une lettre préparée par la CIDSE, une coalition d’organisations catholiques de développement international, appelant le Congrès hondurien à rejeter cette loi.

Développement et Paix veut aussi évoquer cet enjeu auprès des députés canadiens, avant le débat parlementaire final sur l’accord de libre-échange Canada-Honduras.

21 février 2012 - mise à jour

Suite à la visite de Pedro Landa à Ottawa en mars 2011, CEHPRODEC a demandé aux députés canadiens de partager leurs préoccupations quant à une nouvelle législation avec la Congrès du Honduras ainsi qu'avec le gouvernement canadien. Le député libéral John McKay a écrit au Congrès hondurien (en espagnol ou traduction anglaise). La députée néo démocrate Hélène Laverdière, critique de l'opposition officielle sur les affaires étrangères, ainsi que plusieurs autres députés du NPD (dont le critique sur le commerce), ont écrit au Ministre des Affaires étrangères, John Baird.