Des « plants » d'estime de soi

19 décembre 2011
par 
François Gloutnay, agent de communications

Sur la galerie de la maison de Fanm Deside, Medjine Adonis, rencontrée la veille, attendait le retour des membres de la délégation à Jacmel après une journée de visites sur le terrain, dans les campagnes. S'adressant à Mgr Richard Smith, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, cette femme qui, depuis le 12 janvier 2010, vit dans un camp sous les tentes, dit : « Monseigneur, priez pour nous. » Et l'archevêque d'Edmonton de répondre : « Et vous madame, priez pour nous ! »

Tôt ce matin, les six membres de la délégation conjointe Développement et Paix et CECC ont pris la route afin de rencontrer des femmes qui leur ont donné de véritables leçons de courage, de solidarité et d'engagement social. Premier arrêt, à la future maison d'hébergement pour femmes victimes de violence. Développement et Paix a contribué à l'achat du terrain de cette toute première ressource de la sorte dans la région. Des ouvriers s'affairent à la finition extérieure. Restent à compléter l'aménagement de l'intérieur puis de la cour pour que des femmes et des enfants puissent y vivre. Mais avec fierté, les responsables ont tenu à faire visiter chacune des pièces, y compris la petite salle de jeux pour les enfants. Après la photo officielle devant l'entrée, elles ont demandé à Mgr Smith de bénir les lieux.

Puis, il y a eu visite de deux pépinières administrées par des femmes et des organismes liés à Fanm Deside. À Cayes Jacmel puis à Fonds Jean Noël, les femmes ont aménagé les terrains, érigé des clôtures et préparé des milliers de plants qui seront remis aux femmes et à leurs familles pour qu'elles puissent les planter autour de leur maison, manger les fruits et légumes puis vendre les surplus au marché. Nous les avons rencontrées alors qu'elles s'affairaient à arroser ces plantes de diverses grandeurs insérées dans de petits sacs de terre. Quand on leur demande combien il y a de plants, elles donnent le chiffre exact. 7 642 plants à Cayes Jacmel et 6 213 à Fonds Jean Noël.

« Toutes ces femmes travaillent à la pépinière, mais elles n'ont pas de salaires », explique Marie-Ange Noël, coordonnatrice de Fanm Deside. « Elles travaillent pour le bien de la communauté ». Bien sûr, d'ici peu, elles obtiendront une chèvre, des arbustes et des pousses pour leur jardin. « Mais elles gagnent bien davantage. De l'autonomie et de l'estime de soi », note-t-elle.

Les femmes de Cayes Jacmel chantent leur espoir et détermination :

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