Sécurité, dignité et autodétermination : l’autonomisation des femmes réfugiées rohingyas au Bangladesh

Par Dominique Godbout, chargée de programme – aide humanitaire

Les femmes sont impliquées de près dans la détermination des priorités de conception des abris dans les camps de réfugiés rohingyas.

Cela fait maintenant quatre ans que l’afflux massif de réfugiés rohingyas du Myanmar vers le Bangladesh a commencé. Quatre ans que Caritas Bangladesh, par le biais de son programme d’intervention d’urgence, travaille sans relâche pour répondre aux besoins critiques des femmes, filles, garçons et hommes rohingyas qui vivent dans les camps de réfugiés à Cox’s Bazar.

Également, depuis 2017, grâce au soutien de milliers de Canadiens et d’Affaires mondiales Canada, Développement et Paix — Caritas Canada aide Caritas Bangladesh à fournir des abris dignes et sûrs aux familles dans des camps encombrés et exposés aux catastrophes.

La politique d’aide internationale féministe du Canada a motivé notre engagement à faire en sorte que les abris répondent aux besoins spécifiques de ceux qui y passent le plus de temps : les femmes, les adolescentes et les autres groupes vulnérables. Cela signifie que les abris doivent être fabriqués avec des matériaux durables, être bien ventilés, disposer d’espaces sécurisés pour cuisiner et se laver, de cloisons pour une meilleure intimité et de serrures pour la sécurité.

L’approche de Caritas Bangladesh en matière de réhabilitation et de construction d’abris, sensible à la dimension de genre et dirigée par la communauté, a eu des effets significatifs sur la communauté, en particulier pour les femmes, les filles et les groupes vulnérables. Les femmes participantes ont acquis la confiance nécessaire pour exprimer leurs besoins et participer aux décisions concernant l’amélioration de leurs abris. Elles ont également acquis des compétences, des connaissances et de l’autonomie en matière de réhabilitation/construction de logements. L’utilisation de ces nouvelles compétences et capacités a également permis de renforcer la cohésion et la fierté de la communauté. Les femmes ressentent également un plus grand sentiment de sécurité et de confiance dans la capacité de leurs abris à résister aux récurrences de phénomènes météorologiques extrêmes.

Caritas Bangladesh aide les femmes Rohingya à acquérir des compétences en matière de planification, de construction et d’entretien des abris.

Au cours de l’année écoulée, les incendies, les inondations, les cyclones et la pandémie de COVID-19 ont créé plusieurs embuches dans la mise en œuvre de la réponse humanitaire. Cela a eu des répercussions négatives sur la sécurité et le bien-être des réfugiés, surtout pour les ménages les plus vulnérables. Malgré ces difficultés, Développement et Paix reste déterminé à soutenir les efforts continus de Caritas Bangladesh pour assurer la dignité des Rohingyas et pour améliorer leur avenir.

Haïti a besoin de notre soutien

Le samedi 14 août 2021, à 8 h 29, un puissant séisme de magnitude de 7,2 a frappé la péninsule de Tiburon en Haïti, à environ 150 kilomètres à l’ouest de la capitale, Port-au-Prince. Une grande partie des dégâts se sont produits dans les villes de Jérémie et Les Cayes. La force du séisme a été ressentie dans presque tous les départements du pays, notamment le département de l’Ouest.

Cette catastrophe a frappé sévèrement la région sud d’Haïti, notamment les départements de la Grande-Anse et des Nippes. Ce dernier département a été particulièrement touché car l’épicentre du séisme se trouvait dans la ville de Petit-Trou-de-Nippes, dans l’arrondissement d’Anse-à-Veau.

Ce séisme a causé d’énormes dégâts. Le soir du 15 août, la Direction de la protection civile d’Haïti faisait état de 1 300 morts, de plus de 5 700 blessés, de 13 600 maisons détruites et de plus de 30 250 familles ayant besoin d’un abri. À ce moment-là, quelque 800 000 personnes étaient directement touchées et la population se préparait également à l’arrivée d’une dépression tropicale (nommée Grace), qui devrait apporter des pluies torrentielles et, potentiellement, des glissements de terrain et des inondations dans les régions.

De nombreux commerces, des édifices municipaux, des écoles et des maisons se sont effondrés et plusieurs points d’eau sont contaminés. Dans le diocèse des Cayes, l’Église catholique, une importante source de secours dans les moments difficiles, a signalé des dommages importants à plusieurs de ses structures.

À Port-à-Piment, la route de Labei est coupée du reste du département du Sud et est inaccessible aux véhicules. Ailleurs dans le pays, des routes sont endommagées ou bloquées par des glissements de terrain. Ceci cause des inondations mineures, des fissures et stratifications dans les zones rurales et sur les routes.

La catastrophe fait ressurgir les tragiques souvenirs du tremblement de terre survenu en 2010. Craignant des répliques sismiques, nombreuses sont les personnes qui préfèrent dormir dehors.

Le premier ministre haïtien, Ariel Henry, a décrété un état d’urgence d’un mois. Cela met en évidence les besoins criants en termes de nourriture, d’eau, d’abris, de vêtements, de couvertures, de matériel de premiers soins, de trousses d’hygiène, de véhicules et de carburant ainsi que de sauveteurs et de personnel médical.

Le partenaire de Développement et Paix, ITECA, a envoyé des camions de secours et des équipes d’évaluation dans les régions touchées.

Le partenaire de Développement et Paix, ITECA, a envoyé des camions de secours et des équipes d’évaluation dans les régions touchées.

Les partenaires de Développement et Paix — Caritas Canada, l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA) et Caritas Haïti sont entrés en action. Dans trois départements sinistrés, Caritas Haïti participe à diverses activités de coordination dans le cadre du plan national de gestion des risques d’Haïti, qui a été activé pour aider la population. ITECA a envoyé des camions de secours et des équipes d’évaluation dans les régions touchées.

Ce sont les mêmes régions dont vous aviez généreusement soutenu le rétablissement après l’ouragan Matthew en 2016. À l’époque, vos dons avaient permis à ITECA de construire 25 nouvelles maisons résistantes aux séismes dans la commune de Cavaillon. À ce jour, ITECA rapporte que 13 des 14 de ces maisons qu’ils ont inspectées ont résisté au tremblement de terre. Les maisons restantes seront inspectées prochainement.

Aujourd’hui, nos partenaires ont encore une fois besoin de votre soutien pour intensifier leurs efforts de secours et pour élaborer un programme de rétablissement durable.

Les explosions de Beyrouth : mise à jour un an plus tard

Par: Judith Faucher, Chargée de la recherche de financement de projets internationaux

Le 4 août 2020, un incendie sur un quai au port de Beyrouth, au Liban, a déclenché une série d’explosions dans une unité de stockage de produits chimiques. Les deux explosions étaient si puissantes qu’un observatoire sismologique régional les a enregistrées comme un tremblement de terre de magnitude 4,5. Les conséquences ont été dévastatrices. Plus de 200 personnes ont été tuées, plus de 7 500 personnes ont été blessées et environ 300 000 personnes ont été déplacées.

Développement et Paix — Caritas Canada a lancé un fonds d’urgence pour aider les victimes. Nos membres et nos sympathisants ont répondu avec ferveur et ont aidé à recueillir plus de 700 000 $. Cela nous a permis de soutenir l’intervention d’urgence de nos partenaires locaux sur le terrain.

Au nom de ces partenaires et des personnes qu’ils servent, nous vous remercions du fond du cœur pour votre solidarité.

Au service des personnes les plus vulnérables

Au cours des 12 derniers mois, nos partenaires, Caritas Liban et Basmeh et Zeitooneh, ont aidé certaines des victimes les plus marginalisées. Ils ont fourni :

  • Des formations en transformation laitière, des kits d’emploi et des liens avec le marché local pour les groupes de femmes des zones urbaines touchées par les explosions, afin de les aider à établir de petites entreprises;
  • Un soutien à la création de revenus pour aider 145 personnes syriennes et libanaises à subvenir à leurs besoins essentiels grâce à des travaux de nettoyage et de réhabilitation intensifs en main-d’œuvre;
  • Un abri, une assistance médicale, des services de santé mentale et psychosociaux, des conseils juridiques, des activités sociales et une formation professionnelle pour 30 travailleuses domestiques migrantes et victimes de violence basée sur le genre et de traite des êtres humains;
  • Des services médicaux de première ligne, notamment des kits d’assistance de base, une assistance médicale et des services de santé mentale et psychosociaux, pour 130 travailleurs migrants vulnérables.

Un accent sur la santé et l’hygiène

Grâce à un généreux financement du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, Développement et Paix a pu offrir un soutien supplémentaire à Caritas Liban, lui permettant de venir en aide à quelque 9 000 victimes des explosions (dont 5 100 femmes et filles) avec des :

  • Services de soins de santé primaires;
  • Premiers soins psychologiques, des suivis de santé mentale et un soutien psychosocial (y compris des activités récréatives psychosociales pour les enfants);
  • Kits d’hygiène et de désinfection et des équipements de protection individuelle.

Combler les fossés

Des décennies de conflit régional, une guerre civile de 15 ans et des instabilités persistantes ont laissé le Liban fragmenté selon des lignes politiques, sociales et religieuses. Le pouvoir est partagé entre les groupes musulmans et chrétiens, mais la paix reste précaire. Dans ce contexte, nos partenaires de développement à long terme, la Fondation Adyan et PAX, ont poursuivi leur important travail au lendemain des explosions par le biais d’initiatives de plaidoyer, de dialogues, de tables rondes, de mise en réseau, de formation, de renforcement des capacités et de consolidation de la paix visant à renforcer la démocratie, la citoyenneté et la cohésion sociale.

Des problèmes qui perdurent

Avec la pandémie de COVID-19 s’ajoutant aux crises économiques et politiques en cours, la situation générale du Liban reste alarmante. Des millions de personnes ont vu leurs conditions de vie se détériorer, un tiers des enfants libanais vont au lit le ventre vide et plus de la moitié de la population vit désormais dans la pauvreté. C’est pourquoi nous avons besoin d’un soutien accru pour atteindre les objectifs de notre cadre de programme pour le Liban 2020-2022, qui sont les suivants :

  1. Répondre aux besoins de base immédiats (santé, abri et protection);
  2. Permettre aux gens de retrouver leur autonomie et leur autosuffisance;
  3. Donner aux gens les moyens de prendre la place qui leur revient au cœur du renouveau du pays.

Nous savons que vous gardez le peuple libanais dans vos pensées et vos prières. Votre générosité continue d’être nécessaire et sincèrement appréciée.