Droits humains

20 décembre 2011
par 
François Gloutnay, agent de communications

« Ce n'est pas le séisme qui est la cause de tous ces dégâts et de tant de pertes en vies humaines. La vraie cause en est plutôt notre façon de vivre et d'habiter ce morceau de terre. » C'est la Commission épiscopale nationale Justice et Paix qui lance cette affirmation dans un récent document intitulé « Faut-il laisser mourir Haïti ? »

Cette commission fut l'un des premiers organismes à critiquer les programmes gouvernementaux consacrés à la reconstruction, à déplorer les lenteurs et les détournements de fonds.

« Les groupes sociaux qui mènent Haïti, c'est-à-dire qui dominent le pouvoir de l'État et qui possèdent (ou contrôlent) ses richesses, n'ont pas d'intérêt ou ne prennent pas de dispositions pour construire un vrai pays. Ils réalisent des bénéfices dans le pays, qu'ils placent ensuite à l'étranger. Souvent même, ils font coalition avec les puissances étrangères contre l'intérêt de la nation », ajoute l'organisme épiscopal.

Un partenaire de Développement et Paix, la Commission Justice et Paix veille à ce que les droits humains soient respectés dans tout le pays. Avec ses équipes paroissiales et diocésaines, Justice et Paix publie chaque année un imposant relevé des exactions commises dans le pays.

Plusieurs s'étonneront sans doute qu'un tel organisme soit appuyé par Développement et Paix. Au lendemain de la reconstruction, son rôle est encore plus grand, estime pourtant Jan Hanssens, directeur de Justice et Paix, qui s'inquiète du fait que deux ans après le 12 janvier 2010, des centaines de milliers de personnes vivent encore sous les tentes. « Elles ne pourront pas durer longtemps », estime-t-on.

Toujours à Port-au-Prince, des centaines de fillettes et d'étudiantes ont quitté les tentes et étudient dorénavant dans une école toute neuve. Ce sont les élèves (5 à 18 ans) de l'Institut Mère Délia. Développement et Paix a participé financièrement à cette reconstruction. Un signe d'espérance.

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