Faire en sorte que personne ne soit oublié dans l’intervention à la suite du typhon Haiyan

28 août 2014
par 
Kelly Di Domenico, agente de communications

La férocité du typhon Haiyan est facilement visible de la route qui serpente la côte de la province de Samar oriental aux Philippines. Tous les 300 ou 400 mètres, entre les cocotiers qui ondulent, apparaît une autre agglomération de maisons délabrées, les bâches qui servent de toits claquant au vent. Avec autant de ravages autour, il est facile de perdre de vue ce qui se trouve au-delà des palmiers.

Bon nombre des communautés qui vivent à flanc de montagne ici ont été délaissées par les efforts de secours et de reconstruction. Si elles n’ont pas été envahies par la mer pendant le typhon, ces communautés n’ont pas été épargnées par les effets des vents de 320 km/h qui se sont abattus sur l’île.

C’est le cas du village de Caisawan, dans la municipalité de Balangkayan dans le Samar oriental. Ce petit village tranquille niché dans les collines tente toujours en train de se relever de Yolanda. Ici, la plupart des familles vivent de la terre en vendant des noix de coco séchées. Yolanda a détruit leurs cultures et fait jaunir les arbres sur lesquels elles comptent pour leur revenu, et perturbé tout ce qu’elles avaient semé dans leurs potagers. Sans revenu, remplacer un toit arraché ou un mur effondré s’avère presque impossible. Alors, comme la plupart des victimes de Yolanda, la population locale a amassé tout ce qu’elle a pu sauver des débris de la tempête, et reconstruit tant bien que mal des semblants de maison pour leurs familles.

Pourtant, ce qui est remarquable, c’est qu’à partir de ces assemblages de pièces de métal dépareillées, de bâches effilochées et de bouts de bois inégaux, les propriétaires font encore des efforts inlassables pour créer un foyer. Ils les entourent de jolis jardins, de délicates orchidées en fleurs au milieu de pièces décoratives d’écorce et de petits potagers clôturés par des treillis de bambou entrelacés de vignes grimpantes. C’est un signe tangible de la fierté qu’éprouvent les gens d’ici envers leurs maisons, même improvisées comme celles-ci.

Développement et Paix, de concert avec son partenaire Catholic Relief Services (CRS) et grâce au soutien financier du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement du Canada, aide les habitants à se construire des maisons dignes de leurs jardins. Vingt-trois familles dont les maisons ont été complètement détruites par Haiyan viennent de recevoir de nouvelles maisons. Au terme du projet, 84 familles auront reçu un nouveau logement.

Les maisons sont considérées comme transitoires, mais, pour les rendre plus résistantes, elles ont été construites en tenant compte de plusieurs facteurs. Par exemple, les poutres des fondations ont été ancrées dans le ciment et des attaches métalliques servent à retenir le toit. Les familles ont participé à la construction des maisons en fournissant du sable et du gravier puisés dans la rivière à proximité. Elles ont déjà commencé à en faire leur foyer, en installant des rideaux colorés, des cloisons intérieures et, bien sûr, des jardins florissants.

Lors d’une cérémonie en présence de la délégation de Développement et Paix en visite dans les communautés touchées par le typhon, les résidents ont reçu des certificats de propriété. Marie Badaran, 19 ans, est parmi ceux-ci. Cette nouvelle maison va changer sa vie entièrement ainsi que la vie de son mari et de leur fillette d’un an : « Après Yolanda (Haiyan), tout ce qui restait de notre maison était la cuisine. Je me sentais impuissante, je ne savais pas quoi faire, dit-elle. Maintenant, nous pouvons enfin dormir. Avant, quand il pleuvait, nous étions obligés de nous lever la nuit et de déplacer le lit pour ne pas être trempés. »

La réception de son certificat a été un grand moment de fierté pour Mary. « Cela signifie que la maison nous appartient », dit-elle.

Sœur Nida Fe Chavez des Sœurs de Saint-Joseph de Toronto qui a assisté à la cérémonie en tant que membre de la délégation de Développement et Paix a été témoin de la joie de la communauté devant ce nouveau départ. « Voir des gens recevoir leurs certificats de propriété m’a fait éprouver une grande joie et une profonde gratitude envers Développement et Paix et son partenaire CRS pour avoir donné de l’espoir à cette communauté. Développement et Paix et CRS ont manifesté l’amour de Dieu à travers leur travail d’autonomisation des personnes qui sont victimes du typhon Haiyan (Yolanda) », dit-elle au sujet de cette expérience. « Je peux confirmer les résultats positifs du travail de Développement et Paix pour la communauté de Samar oriental. J’ai parlé avec les gens et j’ai ressenti leur gratitude et leur espoir pour un avenir meilleur. Les donateurs de Développement et Paix ont leur part de ce succès. Ensemble, nous pouvons faire la différence ! »