Haïti : les mesures de prévention ont permis de sauver des vies

12 octobre 2016

Aux lendemains de l’ouragan Matthew, plusieurs de nos partenaires affirment que les mesures de prévention développées à la suite de catastrophes précédentes ont permis de sauver des vies. Les autorités et les organisations de la société civile, y compris des radios communautaires financées par Développement et Paix – Caritas Canada, ont prévenu la population quelques heures avant que Matthew ne touche terre. Dans plusieurs régions, les habitants des zones à risque ont pu être évacués, réduisant de manière significative les pertes de vie.

À Gressier, où, après le tremblement de terre de 2010, Développement et Paix a contribué à la construction de plus de 500 maisons avec son partenaire ITECA, une seule toiture a été arrachée. Les habitants estiment qu’en dépit de vents de 200 km par heure, leurs maisons n’ont subi que des dommages mineurs grâce à la haute qualité des techniques de construction et des matériaux utilisés. ITECA, ainsi que l’organisation de femmes Fanm Deside, basée à Jacmel, ont également réussi à protéger les poulaillers qu’ils avaient construits dans le cadre des entreprises d’économie solidaire mises sur pied avec l’appui de Développement et Paix.

Haïti : les mesures de prévention ont permis de sauver des vies

Les plus de 500 maisons à Gressier construites par Développement et Paix avec son partenaire ITECA n’ont subi que des dommages mineurs grâce à la haute qualité des techniques de construction et des matériaux utilisés. Photo prise en 2015

Cependant, malgré ces nouvelles encourageantes, il est clair que l’ouragan a eu des effets dévastateurs sur la production agricole locale. La plupart des pépinières, aménagées par Fanm Deside pour produire des légumes destinés aux familles dirigées par des femmes, ont été détruites, risquant de laisser ces femmes et leurs proches vulnérables à la faim. Elles ont aussi perdu du bétail, surtout des chèvres. « Ces femmes étaient pauvres, mais elles réussissaient tout de même à s’en sortir grâce à ces petites initiatives de production locale de nourriture », a affirmé Marie-Ange Noël, membre du Comité exécutif de Fanm Deside, jointe au téléphone. « Maintenant, elles n’ont plus rien et risquent la famine ». Elle a ajouté que de nombreuses personnes s’étant réfugiées dans l’école de Jacmel avaient perdu leur maison, et bien qu’il s’agissait d’habitations précaires avant l’ouragan, ces maisons étaient leur seul abri.

À Dame Marie, dans le département de Grande Anse, une coopérative agricole dirigée par un groupe local de femmes a subi des dommages considérables alors que les installations de transformation des fèves de cacao ont été détruites. À Baie de Henne, dans le Nord-Ouest,  des unités de stockage de grains et des moulins à céréales ont presque tous disparus. Le projet d’élevage caprin est également affecté et les jardins des paysans sont disparus. 

Pour ITECA, qui offre principalement de la formation et un accompagnement aux paysans haïtiens, la situation est la même. Les cultures ont été détruites, le bétail a été emporté et les routes de campagne utilisées par les petits agriculteurs sont devenues impraticables. L’équipe d’ITECA aide le gouvernement à évaluer les dégâts. 

Les communications demeurent difficiles dans les départements de Grande-Anse et du Sud. Des arbres renversés ont rendu les routes impraticables et les fortes pluies ont creusées des trous dans les routes. Les signaux de téléphonie mobile sont en voie d’être restaurés, mais dans la plupart des cas, les populations n’ont pas d’électricité pour charger leurs appareils. 14 radios communautaires, membres du réseau de SAKS soutenu par Développement et Paix, ont été endommagées par l’ouragan dans les départements de Grande-Anse, du Sud, de l’Ouest et du Nord-Ouest, et les radios commerciales qui prennent le relai priorisent les intérêts de leurs commanditaires au détriment des informations publiques. 

Haïti : les mesures de prévention ont permis de sauver des vies

Poulaillers construits avec ITECA, ainsi que l’organisation de femmes Fanm Deside, basée à Jacmel, dans le cadre des entreprises d’économie solidaire mises sur pied avec l’appui de Développement et Paix. Photo prise en 2013.

Développement et Paix travaille de concert avec Caritas Haïti pour fournir de l’aide humanitaire aux personnes affectées par l’ouragan. Elle continuera aussi à travailler avec ses organisations partenaires sur le terrain pour établir l’inventaire des dégâts causés par Matthew, tout en se préparant à entreprendre de nouvelles semailles, à relancer la production agricole et à reboiser les zones sujettes à l’érosion, dans le but d’atténuer la vulnérabilité des Haïtiennes et des Haïtiens à de telles catastrophes. Développement et Paix a mis un fond de 50 000$ à disposition de ses partenaires pour pallier aux besoins urgents.

Dans le cadre de sa programmation en Haïti, Développement et Paix croit à la viabilité à long terme de l’agriculture à petite échelle en tant que solution écologiquement durable pour lutter contre la faim dans le pays. Haïti a une très faible empreinte de carbone, et pourtant elle est l’un des pays les plus vulnérables aux changements climatiques, comme en témoigne cette tempête. Les eaux anormalement chaudes des Caraïbes, un phénomène lié à l’augmentation de la température, sont responsables, du moins en partie, de la violence de cet ouragan.

Alors que nous nous préparons à réparer les dégâts causés par Matthew, nous saluons la récente ratification de l’Accord de Paris par le gouvernement du Canada, accord qui vise à réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et qui contribuera à atténuer le risque que des phénomènes climatiques extrêmes tels que Matthew ne se produisent de nouveau.

La qualité des actions de développement et de reconstruction entreprises par Développement et Paix et ses partenaires en Haïti aux lendemains du séisme de 2010 n’est plus à démontrer. Développement et Paix réaffirme ainsi son engagement à travailler sur le terrain en Haïti, avec des organisations locales qui fournissent de l’aide humanitaire et qui cherchent à atténuer la vulnérabilité des Haïtiennes et des Haïtiens aux catastrophes naturelles. Selon le directeur d’ITECA, M. Chenet Jean-Baptiste, « Ayisyen se poto-mitan rekonstriksyon », c’est-à-dire : « Les Haïtiens sont la pierre angulaire de la reconstruction ».

 

Développement et Paix accepte les dons destinés à soutenir
ses efforts et fait appel à la générosité de la population canadienne.

DONNEZ MAINTENANT!