Journée mondiale de la justice sociale

20 février 2013
par 
Kelly Di Domenico et Khoudia Ndiaye, agentes de communications

« L'action solidaire : c'est maintenant ! Rêver seul, c'est se bercer d'illusion. Rêver à plusieurs, c'est trouver la solution. »
- Mgr Barreto, archevêque de Huancayo (Pérou), président du département de Justice et solidarité du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) et membre du Conseil pontifical Justice et Paix au Vatican.

Il est opportun que cette année, la Journée mondiale de la justice sociale tombe pendant notre campagne Carême de partage — un moment de l’année où nous célébrons notre engagement et notre solidarité en faveur de la construction d'un monde plus juste. La justice sociale touche la question des droits, de la dignité humaine, de la solidarité, et elle est aussi intimement liée à la question de la justice environnementale et du respect des ressources naturelles.

Mgr Pedro Ricardo Barreto a quitté pour quelques jours son diocèse de Huancayo au Pérou pour nous rendre visite au Canada, dans le but de partager l'histoire de la communauté de La Oroya, qui a été confrontée de manière injuste aux effets toxiques d'une fonderie située à proximité. Mgr Barreto s'est ainsi adressé à des centaines de Canadiens et Canadiennes à Edmonton, Hamilton, Toronto et Montréal, afin de leur expliquer la manière dont les résidents de La Oroya ont longtemps vécu dans un environnement où ni les fleurs, ni les individus ne pouvaient s’épanouir en raison de la quantité d'éléments toxiques rejetés dans l'air qui contaminaient les cours d'eau, la végétation et les individus eux-mêmes. En fait, le magazine Time est allé jusqu'à désigner La Oroya comme l'un des dix endroits les plus pollués de la Terre.

Lorsque Mgr Barreto s’est installé dans son diocèse en 2004, il s'est vite rendu compte que si l’environnement souffrait alors il en était de même pour les individus. Cette injustice est devenue insupportable pour lui lorsqu’il s’est rendu aux États-Unis où il a observé une fonderie gérée par la même société que celle de La Oroya et a remarqué que la cheminée de la fonderie ne dégageait pas de grands nuages de fumée dans l'atmosphère comme celle de La Oroya mais, au contraire, il ne semblait ne rien en sortir à un point tel qu'il a pensé que la fonderie n'était pas en opération. Mgr Barreto n’a donc pu s'empêcher de se demander pourquoi la fonderie de La Oroya produisait des émissions si polluantes. Il a lancé une conversation écologique dans son diocèse et, avec la Commission épiscopale d'action sociale (CEAS), une organisation partenaire de Développement et Paix, il a aidé à organiser des tests sanguins pour mesurer les niveaux de toxicité et a instauré des programmes nutritionnels pour s'assurer que les enfants se nourrissent correctement et se débarrassent des toxines qui contaminent leurs corps en pleine croissance. Fort heureusement, la fonderie a été fermée en 2009, permettant à l'environnement de se régénérer et aux habitants de recouvrer leur santé. Aujourd’hui, en 2013, Mgr Barreto rapporte que le paysage est en train de se transformer et que la végétation peut à nouveau se développer. De plus, grâce aux efforts de plaidoyer, seule une partie de l'usine a pu rouvrir ses portes. Avant que l'autre partie ne puisse fonctionner, un investissement de 120 millions de dollars est nécessaire pour assurer que l'usine respecte les normes environnementales établies par le gouvernement.

Mgr Barreto a mentionné que le travail accompli à La Oroya a été réalisé avec le soutien de plusieurs groupes et individus, il a comparé cette solidarité à un casse-tête où chacun contribue une pièce et que toutes les pièces doivent être réunies pour créer la justice sociale. À un moment où nous pouvons sentir que nous ne pouvons pas faire grand-chose en tant qu’individus, Mgr Barreto nous rappelle que peu importe la grandeur de notre contribution, lorsque celle-ci est combinée à celle des autres, elle fait toute la différence du monde – créant même un monde de justice.

Consultez notre casse-tête du Carême de partage (sous la forme de cartes de solidarité) et voyez comment vos contributions font une différence !

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