Karibu !

6 février 2012
par 
Guy Des Aulniers, chargé de programme pour les secours d'urgence

Je connaissais Nairobi pour y avoir transité, maintes fois, alors que j’étais en direction du Rwanda ou du Burundi. Je logeais au centre-ville, le temps d’une nuit, le temps de repartir. Cela fait à peine 24 heures que je suis là mais la situation est différente. Je loge à l’extérieur de la ville, dans le quartier Westlands, à 15 minutes du centre-ville au All Africa Council of Churches. Un quartier aisé mais surtout loin des embouteillages monstres du centre-ville. Monstre ? À l’heure de pointe – lire entre 8 h et 19 h, un déplacement de 15 minutes peut prendre deux heures !

On vient aussi dans ce quartier pour des raisons de sécurité. En octobre et novembre dernier, 3 grenades ont été lancées au centre-ville tuant 5 personnes et blessant une vingtaine. Les menaces d’enlèvements sont aussi présentes. On attribue ces incidents à l’Al Shabaab, un groupe d’extrémistes somaliens qui veut répliquer aux incursions kenyanes sur leur territoire. Le Kenya refuse maintenant d’accueillir tout nouveau réfugié somalien, de peur que des « terroristes » s’y glissent.

C’est que le Kenya veut sécuriser son territoire. Il tient des élections présidentielles à la fin de cette année. Les dernières, celles de 2008, avaient causé plus de 1 500 morts. Des événements qui avaient mis en exergue les conflits tribaux et, surtout, les nombreuses inégalités. Les Kenyans ont peur que cela se reproduise. Chacun pour ses raisons. À Nairobi, ceux que j’ai croisés, du chauffeur de taxi au serveur du restaurant, ont souffert de la diminution du nombre de touristes qui fait vivre une grande partie de la population. Ailleurs, ce sera différent.

À peine 24 heures donc. Vous ai-je dit que je n’ai reçu mes bagages qu’aujourd’hui ? Le froid et la neige perturbent tous les vols de ou vers l’Europe. Le vol Montréal-Amsterdam a été retardé de trois heures. J’ai eu 30 minutes pour obtenir ma correspondance pour Nairobi. J’y suis arrivé, mes bagages, non.