La Bolivie au féminin

22 août 2017
La Bolivie au féminin - Stage QSF 2017

Au cœur de notre stage de solidarité internationale coordonné par Développement et Paix, se trouve les centres de femmes Sembrando semillas (Semer les graines). Pendant une bonne partie de notre stage, nous nous rendions en équipe dans les centres des femmes pour donner des ateliers sur la saine alimentation.

Au cours d’échanges dans nos centres, nous avons pu en apprendre beaucoup plus sur la culture bolivienne, mais surtout, sur la réalité de ces femmes. Ces moments entre femmes nous ont permis de comprendre beaucoup de choses sur la force de caractère et le vouloir de ces señoritas, et ce, à travers nos ateliers, le tricot et les Ap’tapi (partage de nourriture).

Chaque centre est composé d’environ une dizaine de membres, et ont une identité propre. En fait, tous les centres sont différents de par leur ambiance et la personnalité des femmes. Selon les ressources du CEPROSI, des équipes de stagiaires locaux en psychologie ou travail social et nous, stagiaires internationaux volontaires, allons offrir des ateliers pour renforcer l’empowerment des femmes. Ce que font concrètement les femmes dans les centres peut varier entre des ateliers de lectures, d’habiletés artisanales, d’alimentation, d’horticulture urbaine et, principalement, de tricot.

Fait intéressant, pour les populations andines le tricot détient une symbolique très importante. En effet, les liens tissés par l’action de tricoter représentent les liens qui sont tissés par les femmes avec la pachamama, la terre-mère. Ces centres sont donc non seulement des lieux de rencontre, de recueillement et d’affirmation de soi, mais ils permettent également aux femmes de communier avec leurs croyances ancestrales.

La Bolivie au féminin - Stage QSF 2017

Alors que certaines sont des as du tricot, d’autres fabriquent des poupées cholitas miniatures ou carrément des barbies! Le produit de ces ateliers permet de récolter de l’argent et d’ainsi assurer une certaine autonomie financière aux femmes et apporter un soutien pour leurs familles. En fait, les femmes qui fréquentent les centres sont en majorité des femmes au foyer ou bien des mères monoparentales; c’est pourquoi le petit revenu qu’elles peuvent faire en vendant leur artisanat leur donne un coup de pouce.

Alors qu’autrefois ces femmes ne s'affirmaient que très peu ou pas du tout, les rencontres hebdomadaires dans les centres sont aussi une occasion pour les femmes de prendre leur place dans une dynamique différente de leur famille. En fait, plusieurs d’entre elles parlent maintenant en public, donnent leur opinion et négocient même des accords avec le CEPROSI.

À bien y penser, nous avons été très choyés de pouvoir participer à la vie peu commune des femmes des centres. Les femmes nous ont chaleureusement ouvert la porte de leurs centres, et au fil de nos rencontres, se sont ouvertes elles aussi à nous pour nous partager de leur vécu. Malgré le fait que nous sommes volontaires pour le stage, ces témoignages et les moments dans ces centres étaient notre paye!