La volonté de bien faire

26 juin 2018
par 
Delphine Melanson, responsable d’équipe du groupe Québec sans frontières en Équateur
QSF en Équateur 2018

Six jeunes québécoises effectuent actuellement un stage d’initiation à la solidarité internationale en Équateur dans le cadre du programme Québec sans frontières (QSF). Elles appuient un partenaire de Développement et Paix, ALER (Asociación Latinoamericana de Educación y Comunicación Popular).

Dans le cadre de leur projet, les stagiaires appuient différentes organisations membres de ALER et établies dans la ville de Quito. La mission d’ALER est de favoriser l’émergence d’une communication radiophonique éducative et de travailler avec d'autres acteurs sociaux pour la démocratisation des communications, pour le développement humain durable et pour la construction de sociétés empreintes de justice, d’équité et de démocratie.

Au courant de leur séjour, le groupe nous partage le récit de leurs expériences. Ici, Delphine nous raconte une aventure quotidienne et les réflexions qu’elle engendre.

Au coin de la rue, elle était là, alors que j’arrivais pour prendre l’autobus : une femme magnifiquement vêtue des couleurs les plus typiques des Autochtones de l’Équateur. Son enfant, attaché sur son dos par un tissu de couleur vive entouré autour de son corps, surveillait le monde d’un air béat, avec le soleil qui caressait sa tête. Ils étaient beaux tous les deux, dans la chaleur matinale. Devant eux, une autre inlassable journée à vendre dans les rues pour assurer leur pain quotidien.

Elle venait de vivre une mésaventure : la grande boîte en plastique qu’elle portait quelques minutes auparavant - Dieu sait comment - venait de se rompre, et son contenu gisait sur le trottoir . Je me suis approchée d’elle et lui ai offert mon aide pour ramasser le contenu : des fromages ronds emballés de plastique. Je lui ai tendu chacun de ces précieux trésors, qu’elle a nettoyés un à un avec un chiffon, avant de les remettre dans sa boîte brisée. Elle m’a remerciée et a continué son chemin sans demander son reste. Encore aujourd’hui, je me demande si cette rencontre était un rêve ou la réalité, tant ce moment fut éphémère et intemporel à la fois. Était-elle une fée qui croisait mon chemin, pour me rappeler que le chemin de la solidarité internationale prend des facettes changeantes et miroitantes ? Ma foi, je le crois.

Mon seul souhait aurait été de la photographier, elle et son enfant, sa fierté autochtone portée à bout de bras jusqu’au sommet de sa tête. Son courage, sa persévérance dans des moments difficiles, la pauvreté, combien d’autre bouches à nourrir ? Et toujours elle continue d’avancer, car cette femme incarne la vie elle-même. À défaut d’avoir pu capturer son image avec la technologie moderne que je possède, j’ai gravé son image et cette rencontre dans mon cœur et j’ai réalisé ce portrait d'elle en témoignage de cette rencontre entre deux civilisations qui auraient intérêt à partager tellement plus que trois simples mots échangés au coin de la rue.