Laudato Si' : un appel au changement

Dans
12 août 2016
par 
Kelly Di Domenico, agente de communications



Connectivité, voici le mot clé qui est sans cesse revenu au cours de l’atelier Laudato Si': un appel au changement, co-organisée par Développement et Paix et la CIDSE lors du Forum social mondial. Les panélistes ont discuté des messages importants transmis dans l'encyclique du pape François Laudato Si', et la manière dont les questions urgentes qu'il aborde sont vécues par de nombreuses communautés dans les pays du Sud.

Voici quelques extraits de leurs interventions :

« Les catastrophes sont devenues des opportunités pour tirer des profits... Il y a une forte consommation d'une minorité au détriment de la majorité. Nous pouvons parler des alternatives, mais la majorité du monde ne vit pas comme dans les publicités. »

– Shalmali Guttal, directrice exécutive de l’organisme Focus on the Global South.



« Nous sommes passés du péché personnel, au péché structurel, au péché écologique. En tant que catholiques, nous devons y faire face et promouvoir une conversion écologique. En Amérique du Nord, vous devez changer votre style de vie parce qu'il n'y a pas assez de ressources, et dans les pays du Sud, nous avons besoin de comprendre que nous ne pouvons pas copier ce style de vie, car il n'y a pas assez de ressources. Comment pouvons-nous faire du bruit stratégique pour défier les décideurs politiques ? »

– Père John Patrick Ngoyi, directeur de la Commission pour la justice, le développement et la paix (JDPC) au Nigeria.



« L'encyclique nous demande d'être conscient de la souffrance de la Terre et de la transformer en notre propre douleur... Le pape François est prophétique dans ses mots, mais les communautés autochtones ont longtemps été prophétiques et elles ont besoin d'être à la tête de cette nécessaire transformation. »

– Jennifer Henry, directrice générale de KAIROS: Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice.



« Le contenu de l'encyclique ne se limite pas à une religion, parce que ce qui y est écrit touche toute l'humanité. Cette encyclique brise le paradigme selon lequel la religion prend soin de ses propres vérités... La possibilité de défendre la Terre est une possibilité pour les personnes pauvres. »

– Père Ismael Moreno, directeur de Radio Progreso et de la Fundación ERIC, au Honduras.



« Que nous est-il arrivé pour que nous soyons si distants de la nature ? La Terre est issue de la création autant que nous le sommes... Nous devons voir les choses différemment. Si on se dit, je tue ma mère, mon frère, ma sœur pour un nouvel iPhone, on voit les choses d’une autre façon. »

– Moema Miranda, directeur de l'Institut brésilien de recherche économique et sociale (IBASE) et membre du Conseil international du Forum social mondial.



L’atelier a généré beaucoup de discussions entre les participantes et participants, et la plupart du temps autour de cette notion de connectivité : De quelle manière pouvons-nous être connectés avec la nature ? Comment pouvons-nous vivre en harmonie en ayant un nouveau mode de vie ? Comment pouvons-nous nous rapprocher de celles et ceux qui souffrent afin de maintenir notre mode de vie ? Comment pouvons-nous nous rapprocher des bonnes relations que les communautés autochtones entretiennent avec la Terre Mère ? Comment pouvons-nous communiquer avec les décideurs ? Et peut-être la question la plus difficile, de quelle manière pouvons-nous communiquer avec celles et ceux qui ne veulent pas changer ?  Il est devenu de plus en plus clair que l'appel au changement est également un appel au rapprochement.

Les panélistes ont admis qu'il n'est pas facile de mettre en action les enseignements de Laudato Si', mais nous devons prendre des mesures, du mieux que nous le pouvons, pour répondre à cet appel à la connectivité. Heureusement, nous avons conclus cet atelier sur des paroles de sagesse: «Nous entendons toujours parler de réduction de la pauvreté, mais pourquoi ne pas réduire la richesse. »

(Vidéo seulement en anglais et espagnol)