Le départ

17 novembre 2011
par 
Danielle Gobeil

Ce n’est pas souvent qu’on a l’occasion de voyager avec des collègues lors de nos missions sur le terrain. Le travail de chargé de programmes est plutôt solitaire. Les partenaires sont là, bien sûr, mais on manque quelqu’un pour partager ce qu’on a vu dans la journée, ce qu’on peut en décoder.

On vient de tenir une courte réunion où on a discuté de consignes pré-départ, de conseils pour la santé, des communications sur place et avec le reste du monde, du climat, des vêtements à prévoir, des documents qu’il faut lire…

Je suis personnellement très enthousiaste devant cette mission. Cela fait plusieurs mois que je surveille la situation dans la Corne de l’Afrique, que j’analyse les propositions que nos partenaires de Caritas nous présentent, que j’échange des courriels avec leurs équipes sur le terrain, que j’essaie d’y comprendre quelque chose! Là, je vais rencontrer ces gens, voyager avec eux, leur parler directement et voir à quel point leur travail fait une différence dans la vie des communautés.
  
Il faudra être un peu modeste dans nos attentes pour cette première rencontre avec ce pays. La situation est complexe. Les réponses doivent aussi l’être. En Éthiopie, comme ailleurs dans les pays de la Corne de l’Afrique, la longue sécheresse a mis sur les genoux une partie importante de la population. On pense d’abord aux plus vulnérables, les éleveurs pastoralistes, ces nomades des régions les plus arides et les plus affectées par la sécheresse, mais dont les activités comptent pour beaucoup dans les économies de la région.  

Nos partenaires vont nous aider à décoder tout cela, à comprendre les défis qu’ils ont à affronter tous les jours et à apprécier ce qu’ils ont pu faire jusqu’à maintenant pour répondre à cette lente catastrophe qu’est la sécheresse. Nous verrons aussi comment ils envisagent de continuer dans les mois et les années à venir et comment l’appui de Développement et Paix peut faire une différence.  

Cela fait plus de trente ans que je travaille dans le milieu de la coopération et de la solidarité internationale. Avant chaque départ, je suis toujours aussi excitée, un peu anxieuse aussi, mais fondamentalement, je me sens toujours aussi privilégiée de faire ce métier qui me permet d’aller à la rencontre des tous ces gens dans le monde qui essaient d’améliorer le sort de leurs communautés.