Le premier contact : entre méfiance et acceptation

20 août 2014
par 
Gabrielle Angers-Gosselin

Le premier contact dans les centres de femmes a été une expérience particulière pour nous tous. Lorsque les femmes nous virent arriver pour la première fois dans leurs centres en compagnie d’employés du CEPROSI, nous pouvions sentir une certaine méfiance à notre égard. Celles-ci continuaient de tricoter sans trop porter attention à notre présence. Pour certains d’entre nous, ce fut difficile de se sentir rejeter par les personnes que l’on désire aider.

Nous pouvons toutefois comprendre ce comportement. Il nous apparaît normal qu’elles gardent une certaine distance avec nous, les « gringos » du Canada, qui parlons plus ou moins bien leur langue et débarquons comme ça à l’improviste chez elles. Par contre, ce que nous avons trouvé remarquable, c’est qu’en entrant en contact avec elles et en acquérant leur confiance, leur attitude a complètement changé vis-à-vis nous.

Nous avons eu l’occasion de créer des liens avec les femmes dans la préparation du festival de santé qui a eu lieu le 27 juin dernier au cœur de la ville. Chaque stagiaire était jumelé à un centre, avec lequel il préparait une danse traditionnelle du pays. C’est ainsi que les femmes ont pu apprendre à mieux nous connaître. Une relation entre elles et nous s’est alors développée et nous avons réussi à gagner leur confiance.

À partir de ce moment, ce n’était plus de l’ignorance auquel on avait droit en entrant dans les centres qui nous connaissaient, mais bien un sourire et un accueil plus que chaleureux! Certains d’entre nous ont même eu la surprise d’être invité par les femmes avec lesquelles ils ont dansé à partager un repas collectif qu’elles avaient préparé. Elles semblaient tellement contentes de l’implication des stagiaires et de partager leur nourriture. En ce sens, nous trouvons que ces femmes sont attachantes. Attachantes dans leur générosité, leur simplicité, leur désir de nous voir revenir une fois qu’elles t’apprécient, mais surtout, dans leur volonté d’apprendre et d’améliorer leurs conditions petit à petit en gardant le sourire.