L’Église appelle à un cessez-le-feu alors que la situation se détériore en République centrafricaine

Dans Urgences
20 décembre 2013
par 
Kelly Di Domenico, Agente de communications
L’Église catholique en en République centrafricaine appelle à un cessez-le-feu immédiat. Crédit Caritas

Au moment où le climat de violence s’intensifie en République centrafricaine (RCA), l’Église catholique du pays appelle à un cessez-le-feu immédiat.

« Nous sommes profondément préoccupés par la crise qui sévit en République centrafricaine. La situation est chaotique à Bangui. On dénombre beaucoup de morts. Les combats doivent cesser immédiatement », a déclaré l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga.

Cet appel intervient à la suite des affrontements d’une rare violence qui ont eu lieu au cours des dernières semaines, faisant des centaines de morts. Cette dernière vague de violence a mené les Nations Unies à mettre sur pied une mission de paix formée de troupes françaises et africaines dans l’espoir de rétablir le calme.

Le pays a une longue histoire marquée par l’instabilité et la situation a atteint un point culminant à la suite d’un coup d’État, au mois de mars dernier, lorsque le rassemblement de la faction rebelle musulmane, la Séléka, a pris le contrôle du gouvernement dans le pays, majoritairement chrétien. Depuis, il y a eu une spirale de violence entre les groupes qui se disputent le pouvoir. Le conflit s’est envenimé au point de dégénérer en une guerre civile sectaire et on craint même un génocide.

Traditionnellement, les musulmans et les chrétiens ont vécu de façon pacifique, côte à côte, et les dirigeants des deux religions ont lancé des appels communs pour la paix. Les combats persistants ont entrainé le déplacement de 400 000 personnes et 4,6 millions de personnes sont aujourd’hui dans le besoin. Des dizaines de milliers de personnes touchées par cette crise se réfugient dans les églises et les centres appartenant à l’Église à travers le pays pour échapper à la violence omniprésente dans les rues. On rapporte que des villages sont brûlés, des viols commis ainsi que des enfants soldats recrutés.

« Nous avons ouvert nos portes à tout le monde, aux chrétiens comme aux musulmans. Nous donnons de la nourriture aux personnes réfugiées à la mission, mais aussi à 2 200 personnes qui ont fui vers la mosquée », a déclaré le père Aurélio Gazzera, un directeur de Caritas RCA, qui offre de l’aide. « Nous n’avons pas de problèmes interreligieux ou intercommunautaires. Le problème est avec la Séléka », a-t-il ajouté, soulignant le désir de paix.

« Il y a cinq mille personnes qui se cachent dans nos bâtiments paroissiaux, a déclaré le père Anicet Assingambi de la paroisse Saint-Charles de Lwanga, situé dans le nord de Bangui. Une femme m’a dit qu’elle avait vu son frère se faire abattre. Tous les hommes sont fusillés s’ils sortent à l’extérieur. Il y a un jeune homme mort qui gît à l’extérieur dans la rue, mais il est trop dangereux de sortir pour enlever son corps. »

Caritas RCA organise la distribution de nourriture et de médicaments pour les personnes déplacées et les victimes de violence, en dépit des risques de sécurité qui y sont reliés. Développement et Paix appuie ces efforts et partage l’appel de l’Église pour mettre fin à la violence.

Développement et Paix suit la situation de près avec les autres membres de la confédération Caritas Internationalis. Caritas Internationalis a produit une courte vidéo pour relater la situation préoccupante en RCA.