Les distributions de nourriture et d’abris ont commencé aux Philippines

Dans Urgences
21 novembre 2013
par 
Ryan Worms, Directeur adjoint du Service des programmes au Canada, depuis les Philippines

« Les dégâts sont énormes et les victimes de cette catastrophe ont désespérément besoin d’aide », déclare le père Edwin Gariguez, Secrétaire général de Caritas Philippines-NASSA, après avoir visité des villages entièrement détruits dans la province de Leyte, l’une des zones les plus sévèrement touchées par le typhon Haiyan.

« Caritas doit accélérer le processus de distribution de nourriture et de matériaux pour la construction d’abris temporaires. Grâce à la mobilisation de l’Église ainsi qu’à la solidarité des diocèses voisins et des organisations membres du réseau Caritas à travers le monde, nous avons bon espoir de pouvoir faire face à cette situation d’urgence majeure », conclut-il.

Les organisations membres de Caritas ont fourni assez de bâches pour abriter plus de 10 000 familles et Caritas Philippines-NASSA a distribué 68 310 colis alimentaires dans 13 diocèses qui permettront de nourrir 345 000 personnes.

Toutefois, étant donné l’ampleur des dégâts, les besoins des sinistrés sont immenses. Par exemple, la plupart des maisons d’Ormoc, une ville située sur l’île de Leyte, ont été détruites. Les habitants tentent encore, tant bien que mal, de retirer des matériaux encore utilisables de ce qui reste de leurs maisons afin de construire des abris temporaires.

Dans son kiosque où elle vend des fruits et légumes entourée de ses petits-enfants, Demetria Omega, une des victimes du typhon dans cette ville, raconte son expérience traumatisante.

« Lorsque le typhon s’est abattu, j’ai cru que j’allais mourir », déclare-t-elle avant d’ajouter que « toutes les maisons volaient en morceaux et nous avons eu beaucoup de mal à trouver un abri, mon fils, mes petits-enfants et moi ».

« Ma maison a été entièrement détruite, et maintenant je n’ai plus rien. Il nous faut d’abord de la nourriture, et ensuite de quoi construire un abri. »

Demetria fait tout ce qu’elle peut pour faire face aux nombreux problèmes qu’elle rencontre. « On ne peut pas rester assis à ne rien faire. J’ai réussi à obtenir un petit prêt de 25 dollars et j’ai pu ouvrir ce kiosque de fruits et légumes. Ainsi, j’espère pouvoir nourrir ma famille et faire face à cette catastrophe. Il faut que je travaille et que je m’occupe de mes petits-enfants », conclut-elle.

La ville d’Ormoc a subi des dégâts très importants, mais les villes de Tacloban et de Palo ont été encore plus durement touchées par la catastrophe.

« Lorsque je regarde par la fenêtre de ma maison endommagée, c’est comme si je voyais la vallée de la mort », rapporte Mgr John Du, archevêque du diocèse de Palo, sur l’île de Leyte, l’une des plus gravement touchées par le typhon.

« À Palo, 95 % des maisons ont été détruites. Nous enterrons les morts à la périphérie des paroisses. Nous manquons de tout, même si nous avons organisé des opérations de secours pour les victimes et si nous distribuons de la nourriture et des matériaux pour pouvoir construire rapidement des abris », dit-il.

Une distribution de matériaux pour construire des abris d’urgence a récemment eu lieu à Ormoc et à Palo.

Dix jours après l’arrivée d’un des typhons les plus puissants à n'avoir jamais touché terre, Caritas Philippines évalue maintenant mieux l’étendue des dégâts et les besoins des victimes et se prépare à de nouvelles demandes d’aide. Développement et Paix procédera à d’autres distributions de nourriture et d’abris, et donnera des articles ménagers essentiels. Des programmes « argent contre travail » seront également lancés afin que les familles affectées puissent obtenir un revenu, car on estime qu’au moins un million de petits paysans et de pêcheurs ont perdu leurs moyens de subsistance.

La communauté internationale se heurte encore à de nombreux obstacles logistiques dans ses opérations de distribution d’aide alimentaire et d’autres produits de première nécessité aux victimes de la catastrophe, et jusqu’à présent, certains villages situés dans les provinces de Leyte, Samar, Panay et Mindoro n’ont reçu que très peu ou même parfois aucune aide. Dans ce contexte, l’Église catholique et le réseau Caritas jouent un rôle crucial dans la fourniture des premiers secours aux sinistrés.

Mgr Broderick Pabillo, président de Caritas Philippines, a remercié les organisations membres de Caritas à travers le monde, y compris Développement et Paix, pour leur réponse rapide à cette urgence, et leur a demandé de continuer à mobiliser des ressources afin d’être en mesure de répondre aux besoins de la population.

« C’est grâce aux prières, à la solidarité et à la mobilisation de nos frères et sœurs à travers le monde que nous pourrons avancer », a-t-il ajouté.

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