Les femmes au cœur de la reconstruction

Dans Missions
12 février 2013
par 
Khoudia Ndiaye, agente de communications

Dans le cadre de l’inauguration des 50 premières maisons du projet de construction de Développement et Paix à Ti-Boucan en Haïti, Khoudia Ndiaye, agente de communications, a recueilli les témoignages des futurs propriétaires ainsi que d’autres personnes qui ont participé au projet.

« Je suis mère de trois enfants et je travaille cinq jours par semaine. Il arrive parfois que je vienne sur les chantiers les fins de semaine, car trois ans après le séisme, le plus important pour moi c’est de reconstruire mon pays », déclare Ismène Elismar Garçonnet, l’une des ingénieures en chef en charge de la production des maisons à Ti-Boucan.

Ismène travaille à nos côtés depuis le début du projet et montre à quel point les femmes sont essentielles dans le processus de reconstruction du pays. Jeune ingénieure civile  de 43 ans, elle a fait ses études à la Faculté de génie et d’architecture 3A de Port-au-Prince et a également œuvré comme travailleuse sociale auprès des personnes les plus vulnérables. Dans le cadre de ce projet, son rôle consiste à développer les procédés de fabrication des maisons, à organiser des ateliers de formation et à superviser l’exécution des travaux sur les chantiers.

« Grâce à ce projet, j’ai pu me rendre l’année dernière au Salvador afin de bénéficier d’une formation sur le système de la maçonnerie armée. J’ai ensuite effectué un voyage en Thaïlande pour en apprendre davantage sur la maçonnerie chaînée que nous utilisons actuellement dans le cadre de la construction des maisons. En plus de subvenir aux besoins de ma famille, j’ai donc eu la possibilité d’approfondir mes connaissances », déclare-t-elle avant d’ajouter que « ce projet est une expérience de travail enrichissante pour moi, mais aussi pour les ouvriers, les contremaîtres, les artisans et les autres ingénieurs qui développent chaque jour un peu plus leurs compétences ». 

En plus de l’utilité sociale de ce projet pour des centaines de familles de Ti-Boucan, l’installation d’une usine en avril 2012 a eu un impact non négligeable sur l’économie de la commune de Gressier. Le projet constitue l’un des pourvoyeurs d’emploi les plus importants de la région, employant plus de 600 ouvriers, artisans et contremaîtres en plus de la centaine d’emplois indirects créés (commerçants, restaurateurs, etc.).



L’usine fonctionne du lundi au vendredi et les ouvriers y travaillent selon deux créneaux horaires : le groupe du matin travaille de 6 h à 14 h tandis que le groupe du soir travaille de 14 h à 22 h. De nombreuses femmes travaillent également à l’usine et sont présentes à tous les niveaux décisionnels. « Ce que je vois chaque jour, c’est la motivation de toute notre équipe et l’impact que le projet a sur l’ensemble de la communauté. Au niveau de la création d’emplois, c’est extraordinaire, car cela affecte directement la zone de Ti-Boucan mais attire également des travailleurs des localités avoisinantes. Tout le monde en bénéficie », explique Ismène.

Elle conclut en disant : « Nous avons la technologie et la main d’œuvre pour construire plus de maisons. Il est donc important de tout mettre en œuvre afin d’aider d’autres familles vulnérables et sans-abri à vivre dans une maison permanente. C’est ça la solidarité ! »

La volonté qui anime Développement et Paix reste toujours la même : renforcer les capacités d’organisations locales afin que des milliers d’individus puissent vivre en toute dignité.

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