Lorsque le marché est trop coûteux

14 août 2012
par 
Kelly Di Domenico, Agente de communications
Karya Sagare et sa petite fille

La petite-fille de Karya Sagare colle aux basques de sa grand-mère. Malgré la chaleur, elle est vêtue d’un chandail avec un capuchon qui couvre sa tête. Ses yeux sont apathiques, alors qu’elle suit tranquillement sa grand-mère à travers le parvis de l’église. Karya explique que sa petite-fille ne se sent pas bien. Elle l’a amenée chez le médecin une fois mais ne peut se permettre de l’amener à nouveau. La visite chez le médecin a aussi grugé le peu d’économies que Karya conservait pour acheter de la nourriture à sa famille, comprenant quatre enfants et deux petits-enfants. Et avec si peu de nourriture pour tout le monde, le rétablissement de sa petite-fille est rendu d’autant plus difficile.

“Il est impensable d’essayer de nourrir ma famille,” dit-elle. Karya est veuve et en a la charge. Pour joindre les deux bouts, elle achète des arachides, les transforme en pâte qu’elle revend ensuite sur le marché. Elle doit acheter les arachides à crédit si bien qu’au moment où elle rembourse ses dettes, il lui reste très peu d’argent. “Je n’arrive pas à économiser beaucoup d’argent,” explique-t-elle. Comme pour la plupart des paysans de la région, une mauvaise saison des pluies l’an dernier a laissé son grenier vide. Il y a des aliments en vente au marché, mais qui a les moyens d’en acheter? Les prix des sacs de riz, de maïs et de mil ont plus que doublé et ils continuent de grimper à mesure que l’approvisionnement baisse.

Karya est reconnaissante à Caritas Mali pour l’organisation d’une vente subventionnée d’aliments de base dans son village. Alors qu’un sac de 100 kg de riz peut coûter autant que 75 $ au marché, Kary pourra l’obtenir pour aussi peu que 40 $ à la vente. Il lui en coûtera 25 $ au lieu de 40 $ pour un sac de maïs. Il s’agit d’économies substantielles alors que chaque sou compte. Pour Karya, cela signifie qu’elle aura un peu d’argent pour embaucher de l’aide pour semer son champs en vue de la prochaine récolte. Alors que son fils et elles chargent leur panier avec leurs achats et qu’un repas complet se profile à l’horizon, elle me confie son espoir: « Que la récolte soit si abondante que je puisse marcher dessus et que nous puissions manger jusqu’à ne plus sentir la faim ». Un rêve auquel il est un peu plus facile de croire maintenant…