Lorsque vous êtes en difficulté, trouver quelqu'un pour vous aider, c'est un bonheur

17 août 2012
par 
Kelly Di Domenico, Agente de communications
Sara Doua est une veuve qui reçoit de l'aide alimentaire de Caritas Mali

Sous le soleil matinal malien, les membres de Caritas Mali sont en train de s'organiser pour effectuer la première distribution de nourriture dans le diocèse de Sikasso. Ils mettent en place des rangées de chaises et des échelles pour mesurer les haricots, le maïs et l'huile qui seront distribués à 93 familles de la région. Ils installent même des haut-parleurs pour diffuser de la musique. Déjà, les gens commencent à arriver avec leurs charrettes tirées par des ânes, stationnant les uns à côté des autres. Même le maire est venu pour aider au lancement de la distribution.

«Les gens sont dans le besoin, mais ce n'est pas leur volonté de se trouver dans cette situation. Des gens vivant au loin ont vu que nous avions faim et ont donné pour nous aider, même s’ils ne nous connaissent pas. Lorsque vous êtes en difficulté, trouver quelqu'un pour vous aider, c'est un bonheur,"dit-il à la foule.

Cette région, comme la plupart au Mali, connaît des pénuries alimentaires en raison des précipitations insuffisantes de l'an dernier. Dans un centre de traitement de la malnutrition dirigé par un ordre religieux local, un graphique montre que le nombre de cas de malnutrition chez les enfants a plus que triplé depuis janvier. Pour aider les gens à résister jusqu’à la prochaine récolte, Caritas Mali organise des distributions alimentaires gratuites, avec l'appui de Développement et Paix et de la Banque canadienne de grains. Le maire a aidé Caritas Mali à identifier ceux qui étaient les plus vulnérables dans la communauté, incluant, entre autres, les veuves, les mères enceintes et allaitantes, les hommes qui soutiennent de très grandes familles et les personnes handicapées physiques.

Sara Doua, 50 ans, est un petit bout de femme. Son frêle gabarit semble s'affaisser sous le poids de son combat quotidien pour nourrir sa famille. Quand elle est devenue veuve il y a 15 ans, elle s’est mise à fabriquer de la bière de mil pour la vendre. Mais après avoir développé des problèmes respiratoires, elle a dû renoncer à exercer son métier. Maintenant, elle va dans la brousse pour ramasser les feuilles de baobab, qui sont utilisées pour fabriquer un type de sauce ici. Il lui faut environ une demi-journée pour ramasser un sac qu’elle peut ensuite vendre sur le marché pour au plus 4 $. Cette année, cependant, avec la perte de ces cultures, elle a également été contrainte de faire du porte-à-porte pour demander de la nourriture.

Aujourd'hui, lors de la distribution, elle va recevoir 135 kilos de maïs, 25 kilos de haricots et 9 litres d'huile, ce qui devrait lui durer trois mois. "Il y a au moins cinq mois que je n'ai vu autant de nourriture dans ma maison», me dit-elle. "Je n'aurai plus à faire du porte-à-porte. Je pourrai sortir sans honte. Cela me permettra de récupérer ma dignité." Comme tout le monde ici, Sara est impatiente de retrouver sa demeure et de commencer à cuisiner pour sa famille. Alors que des jeunes hommes l'aident à charger son chariot, un sourire fleurit sur son visage. Elle ressent le bonheur dont parle le maire, celui de trouver quelqu'un - même si c'est quelqu'un à l’autre bout du monde, qu’elle ne connaît pas - pour lui tendre la main.