Mali : un nombre de plus en plus élevé de réfugiés dans les pays voisins

30 janvier 2013
par 
Khoudia Ndiaye, agente de communications
-	Les réfugiés arrivent dans l'une des régions les plus arides du Burkina Faso. Ils arrivent sans rien. Ils ont besoin de nourriture, d'abris, de soins médicaux et de carburant. Photo : Simone Stefanelli/Caritas

En deux semaines, ce sont plus de 7 500 Maliens qui ont fui leur pays pour se réfugier dans les pays voisins, selon les chiffres du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. En effet, l'intensification du conflit a poussé des familles entières, pour certaines en voiture ou en camion et pour d’autres à pied ou à dos d'âne, à se réfugier dans les pays voisins (essentiellement au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie). Ainsi, en plus des 229 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays – principalement des habitants des villes de Kidal, Tombouctou et Gao qui se dirigent vers le sud - le nombre de réfugiés maliens dans les pays voisins s’élève à près de 150 000.

Ils fuient la violence des combats mais aussi la peur d'une nouvelle crise alimentaire. En effet, la situation alimentaire des populations, déjà très précaire avant le conflit, s’est considérablement détériorée depuis. Les vivres sont en baisse, les céréales manquent cruellement et certains éleveurs se trouvent dans l’obligation de tuer leur bétail pour se nourrir. Cette situation prévaut également dans les pays voisins qui accueillent des réfugiés. « La situation dans certains villages du Niger est incertaine. Même si la récolte a été bonne, les personnes ont déjà consommé la plupart des vivres et les populations sont très préoccupées. Les prix des céréales sur les marchés augmentent, ce qui provoque une plus grande inquiétude des populations. » déclare Danielle Gobeil, actuellement en mission au Niger et au Burkina Faso pour Développement et Paix.

De manière globale, les besoins humanitaires sont de plus en plus grands et en contrepartie les voies d’accès aux populations les plus vulnérables sont toujours bloquées. La priorité est de pouvoir distribuer des biens de première nécessité (essentiellement de la nourriture et des médicaments), et de leur fournir un accès aux soins et un habitat.

Les évêques maliens ne sont pas restés indifférents et ont manifesté leur inquiétude face au déchirement que vit actuellement le pays. Réunis ces derniers jours à Bamako à l’occasion de la réunion de la Conférence épiscopale, ils ont lancé un appel à la solidarité vis-à-vis de « nos compatriotes directement touchés par le conflit : les déplacés et les réfugiés, les familles endeuillées, les forces armées et de sécurité ». Ils se sont ensuite rendus dans le plus grand hôpital de Bamako afin de rendre visite aux blessés hospitalisés suite aux combats. En ces moments difficiles, la Conférence épiscopale malienne a également décidé à l’occasion du carême qui débutera le 13 février, de lancer une mobilisation nationale afin de recueillir « des ressources financières et matérielles pour venir en aide » aux victimes du conflit.

Les Caritas du Sahel sont déjà engagées dans des programmes d’aide aux populations réfugiées ou déplacées. Dans le cadre d’un plan d’urgence destiné à 45 000 personnes, elles prévoient débuter la distribution de 1900 tonnes de rations alimentaires pour une période de trois mois, 350 tentes, 30 000 couvertures et 1000 kits d’hygiène.

« Merci à tous ceux qui nous envoient des mots de soutien et d’encouragement. Merci à tous ceux qui ont déjà apporté des contributions à notre appel. Merci aussi à ceux qui s’organisent jour et nuit pour nous soutenir de leurs ressources. Merci à ceux qui nous portent dans leurs prières quotidiennes pour que nous puissions bannir la violence et la haine de nos cœurs. Dieu vous bénisse ! », a déclaré l’abbé Isidore Ouedraogo, secrétaire exécutif de l’OCADES (Caritas Burkina Faso) au sujet de la guerre qui sévit actuellement au Mali.

Face à l’urgence, Développement et Paix a débloqué la somme de 50 000 $ afin d’appuyer ses partenaires du réseau Caritas et venir en aide aux besoins des populations les plus vulnérables affectées par la crise actuelle.