« Même s’il pleut, nous allons enfin pouvoir dormir comme de vrais bébés ! »

4 février 2013
par 
Khoudia Ndiaye, agente de communications

Dans le cadre de l’inauguration des 50 premières maisons du projet de construction de Développement et Paix à Ti-Boucan en Haïti, Khoudia Ndiaye, agente de communications, a recueilli les témoignages des futurs propriétaires ainsi que d’autres personnes qui ont participé au projet.

Micheline et son époux Jean-Philippe, dit Frantzé, vont vivre avec leur fille de 12 ans et leur fils de 14 ans dans leur nouvelle maison dont ils recevront officiellement les clés mardi prochain, lors de l’inauguration du projet.

Le séisme du 12 janvier 2010 a entièrement ravagé leur maison à Ti-Boucan contraignant la famille à vivre durant plusieurs jours sans toit. Ils ont du se débrouiller pour construire un abri à l’emplacement de leur ancienne maison, en récupérant ici et là, des tôles pour faire la structure et des planches de bois pour la porte. Il n’y a ni fenêtre, ni eau, ni électricité, et la toiture est trouée, ce qui pose beaucoup de difficultés à la famille qui vit au jour le jour.

Quand il ne pleut pas, tout va bien mais lorsqu’il pleut, la situation devient très vite difficile à gérer. En effet, la toiture étant trouée, l’eau entre par le haut mais remonte également par le sol ce qui cause systématiquement une inondation. « C’est surtout la nuit que cela est embêtant. L’inondation nous oblige à nous lever et à rester éveillés jusqu’au matin », déclare Frantzé.

La famille vit avec très peu de moyens. Frantzé emprunte de l’argent, à des taux d’intérêts qui peuvent parfois s’avérer très élevés, afin d’acheter de la marchandise (essentiellement du tabac), pour que sa femme puisse ensuite aller la vendre sur les marchés de Gressier et des communes avoisinantes. Lorsqu’il y a des inondations dans leur abri, le risque est grand de voir la marchandise endommagée, ce qui causerait une perte considérable de revenu pour la famille.

« Cette maison va nous sortir de la mauvaise situation dans laquelle nous nous trouvons depuis maintenant plus de trois ans. Même s’il pleut, nous allons enfin pouvoir dormir comme de vrais bébés ! », lance Frantzé sur le ton de la rigolade.

Micheline, quant à elle, trouve la couleur verte de la maison très jolie. Mais le plus important pour elle, c’est de pouvoir vivre en toute dignité dans leur nouvelle maison.

Mots clés: