Philippines: une conférence pointe les abus des compagnies minières

5 août 2015
par 
Geneviève Talbot, Chargée de recherche et de plaidoyer

Du 30 juillet au 1er août se tenait à Quezon, aux Philippines, la conférence internationale des peuples sur l’exploitation minière (www.peoplesminingconf.net). Le Centre pour les préoccupations internationales (Center for Environmental Concern), un partenaire de Développement et Paix, se trouvait sur le comité organisateur de la conférence.

Plus de 100 participants de 28 pays ont assisté à cette conférence, représentant des communautés directement touchées par les activités minières, des travailleurs miniers, des scientifiques mais aussi des militantes et militants de divers horizons. Toutes et tous partageaient une même préoccupation : les impacts des activités minières sur les communautés locales. Cette rencontre a été l’opportunité de partager les différentes actions et campagnes menées mais aussi d’avoir une mise à jour sur les avancées scientifiques concernant les impacts de l’exploitation minière. Les participants ont également partagé les succès ainsi que les défis de même qu’identifiés des pistes d’actions communes pour le futur. Ariane Collin, membre de Développement et Paix, et Geneviève Talbot, chargée de recherche et de plaidoyer ont représenté Développement et Paix lors de cette conférence.

Cette rencontre illustre les propos tenus par le pape François dans son discours prononcé lors de la deuxième rencontre mondiale des Mouvements populaires qui s’est tenue à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie, le 9 juillet dernier. En effet, dans son allocution, le pape a appelé tous les mouvements qui «luttent» pour les «droits sacrés», les «trois T», «terre, toit, travail» à s'unir sur la scène internationale pour faire entendre «le cri des exclus» et exiger «un changement de structures car on ne peut plus supporter ce système qui porte atteinte au projet de Jésus». Il est indispensable, a-t-il ajouté qu’« avec la revendication de leurs droits légitimes, les peuples et leurs organisations sociales construisent une alternative humaine à la globalisation qui exclut.»

L'Église a montré une inquiétude croissante par rapport aux impacts négatifs de l'exploitation minière sur les populations et sur notre Terre. En juillet dernier, le Conseil pontifical pour la Justice et la Paix, en collaboration avec le réseau latino-américain Iglesias y Minerias, a organisé à Rome, la rencontre « En union avec Dieu, nous entendons un cri » qui a réuni des représentants de 18 communautés d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine affectées par les activités minières. Le président du Conseil pontifical Justice et Paix, le Cardinal Turkson, a conclu l'événement en déclarant que : «nous sommes conscients de votre isolement, à travers les violations des droits de la personne, la persécution, et un déséquilibre du pouvoir. »

Les communautés présentes ont publié une lettre ouverte (en anglais) quelques jours après la rencontre afin de faire valoir leurs recommandations, leurs espoirs et conclure sur le fait que «l'Eglise ne peut pas simplement être un médiateur neutre entre les communautés et les entreprises ». Durant les trois jours de la conférence, les participants se sont concentrés sur les processus de changement évoqués par le pape François et une fois de retour dans leurs pays respectifs, ils s’attacheront à mettre en œuvre ce vent de changement.