Première étape, Adigrat

22 novembre 2011
par 
Guy Des Aulniers

Arrivés samedi au petit matin, Danielle, Kelly et moi avons rapidement voyagé vers le nord du pays. Là-bas, pas d’Internet. Impossible de communiquer nos impressions.  En escale à Addis Abeba, la capitale de l’Éthiopie, avant de repartir vers le sud, voici donc nos premiers messages.

Adigrat est la dernière ville importante de la province du Tigray, à la frontière de l’Érithrée, tout au nord. La frontière entre l’Éthiopie et l’Érythrée est actuellement fermée et sévèrement gardée si l’on en croit les nombreux militaires croisés dans les montagnes.

«La guerre est terminée, mais la paix n’est pas encore venue», dit Shiferaw Mamo, coordonnateur national de l’unité d’urgence du secrétariat de l’Église catholique éthiopienne (Caritas Éthiopie - ECC). Shiferaw nous accompagne dans la visite des projets que nous appuyons depuis l’appel lancé en juillet dernier par ECC par le réseau Caritas Internationalis.

«L’état d’urgence était pourtant présent depuis le début de l’année, mais il n’a été décrété que plus tard par le gouvernement pour des raisons politiques», ajoute Sebhatu Halibo, coordonnateur du département des services sociaux et du développement de la Caritas diocésaine.

Montagnes et vallées créent ici un décor spectaculaire. Des monastères construits sur les sommets ne sont atteignables qu’après une longue marche… ou une escalade! Nous visitons deux projets de construction de petits barrages qui serviront à maintenir humide un champ. Le travail est fait par la communauté, de type «cash for work» : pour environ 1 $ par jour, 84 personnes, des personnes âgées mais aussi des jeunes concassent la pierre, creusent le sol et érigent les barrages…. Un travail, on l’imagine sans peine, très difficile. Quarante-cinq projets de la sorte sont en cours dans le diocèse.

«Nous intégrons le développement dans nos interventions d’urgence. L’argent permet aux familles de subvenir aux besoins minimaux durant la crise et les travaux permettront de mieux faire face aux prochaines intempéries» explique Desta Hagos, coordonnateur des urgences au diocèse d’Adigrat.

Il ne faut pas se faire d’illusion. Vivre ici représente un défi permanent. La terre y est excessivement aride et rocailleuse. Un travail immense a néanmoins été accompli au cours des dernières années. Des montagnes entières ont été aménagées en terrasses afin de conserver l’humidité des sols et les cultiver. Quand on sait que tout cela a été fait de mains d’hommes et de femmes, on ne peut que s’incliner devant tant de résilience.

Cash for work

Tigray