République démocratique du Congo : les évêques lancent un appel à la cohésion nationale et à la défense de l’intégrité du territoire

Dans Urgences
13 décembre 2012
par 
Khoudia Ndiaye, agente de communications et Serge Blais, chargé de programmes pour l'Afrique
Le PAM et Caritas fournissent les premiers secours aux Congolais déplacés par la guerre dans le camp de Mugunga 3. Photo : Taylor Toeka/Caritas Goma

Le conflit en République démocratique du Congo (RDC) s’enlise faisant des civils les principales victimes. Le gouvernement congolais du président Joseph Kabila et les rebelles du M23 se sont retrouvés ces derniers jours à Kampala, capitale de l’Ouganda, afin de négocier la fin des hostilités. Réunis en session extraordinaire le 6 décembre dernier, les évêques membres du Comité permanent de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont publiquement réagi dans un message intitulé Peuple congolais, Lève-toi, sauve ta patrie, appelant formellement les hommes politiques congolais à ne pas hypothéquer l’unité de la nation congolaise.

Dans ce message, les évêques insistent sur l’importance d’assurer la cohésion nationale afin de résister aux agressions extérieures. Ils constatent que le groupe rebelle M23 est responsable des violences enregistrées dans la région du Nord-Kivu et plus précisément de « la dégradation de la situation des droits de l’homme et les groupes armés, des meurtres à grande échelle, des viols, des enlèvements, d’enrôlement des mineurs dans les  rangs des groupes armés, des détentions et taxations illégales, des actes de banditisme, de destruction et du pillage du patrimoine national et des particuliers, des déplacements forcés et massifs des populations contraintes à l’errance dans des conditions infrahumaines ».

D’autre part, ils déplorent de manière explicite l’implication des pays frontaliers en constatant qu’ « une partie de notre territoire échappe à notre gouvernement et se retrouve de fait sous l’administration du M23 qui est soutenu par des pays étrangers, notamment le Rwanda et l’Ouganda ».
 
Les évêques critiquent également le fait que la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) n’ait pas tenu ses promesses en cela même que « le territoire de Rutshuru et la ville de Goma n’ont pas été efficacement défendus ni la population civile intégralement protégée » et appellent à une révision du mandat de la de la force onusienne afin que celle-ci puisse défendre efficacement la population civile.

Leur appel pour le triomphe du droit international et de la solidarité rejoint très clairement l’appel lancé par Développement et Paix ainsi que plusieurs autres organisations canadiennes* à demander un cessez-le-feu immédiat et à soutenir l'aide apportée aux milliers de personnes déplacées et terrorisées.

*Groupes signataires : L’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), Carrefour Foi et Spiritualité de Bordeaux-Cartierville , Carrefour Tiers-Monde Québec, Développement et Paix, L’Église Unie du Canada, Kairos - Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice, L’Entraide missionnaire, Terre sans Frontières.

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