Retour aux sources

26 avril 2012
par 
Guy Des Aulniers, chargé de programme pour les secours d'urgence

Hier encore, j’avais 20 ans. Étudiant en droit à l’université Laval à Québec, j'ai été sélectionné par Carrefour Canadien International pour aller en Afrique. Au Mali plus précisément. Je quittais l’Amérique du Nord pour la première fois - en fait je prenais l’avion pour la première fois. Excité vous dites ? Je me rappelle, sur les ailes d’Alitalia, j’ai chanté avec les religieuses qui allaient visiter Rome – qui n’était pour moi qu’une escale avant d’arriver à Bamako, la capitale du Mali. J’ai passé 6 mois dans le village de Negala, dans la famille de Zoumana Dumbia et ses deux femmes, Tuguba et Fanta. Appelez cela l’appel, l’amour ou même la foi, mais cette expérience au Mali à orienté ma vie.

À l’époque, j’avais assisté à l’élection présidentielle où mon chef de famille est allé voter, pour lui et ses deux femmes, pour le candidat… unique !

Ces deux dernières décennies, le Mali est devenu un exemple de démocratie en Afrique. Pourtant, le 22 mars dernier, le président Amadou Toumani Toure – ATT - a été renversé par ses militaires. On lui reproche son incapacité à l’égard des mouvements indépendantistes rebelles touaregs au Nord – qui eux ont été renforcés par le retour de Lybie des combattants pro-Khadafi.

Cela, dans le contexte où une grave crise humanitaire sévit dans la région. Plus de 15,6 millions de personnes sont affectées dont 3,5M au Mali. Développement et Paix, à travers un financement du Canadian Food Grains Banks, appuiera les appels d’urgence du Burkina Faso, du Niger et du Mali (à hauteur d'environ 5$M). Je serai au Mali pour rencontrer nos interlocuteurs de Caritas Mali, participer à une formation avec les représentants diocésains et lancer le programme de distribution alimentaire que nous appuyons. Ma collègue, Geneviève Talbot, viendra me rejoindre et ira ensuite appuyer le travail de Caritas Burkina.

Mais je serai aussi au Mali pour revoir Moctar, aujourd’hui directeur de Kilabo, Sambaly qui m’avait initié à l’Afrique et, je l’espère, ma famille d’accueil. Je retrouverai mes sœurs et mes frères dans cette période trouble que vit le pays. Je retourne dans un lieu qui est aussi chez moi.