Transportez-vous avec nous à La Paz

17 août 2018
par 
Victoria, stagiaire et Gabrielle Marleau-Lamontagne, responsable d’équipe Québec sans frontières en Bolivie
Québec Sans Frontières - QSF Bolivie 2018

Huit jeunes québécoises effectuent actuellement un stage d’initiation à la solidarité internationale en Bolivie dans le cadre du programme Québec sans frontières (QSF). Elles appuient un partenaire de Développement et Paix – Caritas Canada, le Centro de Promoción y Salud Integral (CEPROSI), à La Paz. 

Le CEPROSI est un organisme à but non-lucratif qui intervient, depuis plus de 30 ans, auprès des femmes et des familles vivant à La Paz et à El Alto. Il a pour mission de promouvoir la santé intégrale auprès des femmes et des familles de ces secteurs par le biais d’actions éducatives, de communications et d’actions de plaidoyer. 

Durant toute la durée de son séjour, le groupe nous partage ses expériences. Dans ce texte, les auteures ont été inspirées du billet rédigé récemment par le groupe QSF au Cambodge. C’est à leur tour de nous parler transports!

Transportez-vous avec nous à La Paz

¡Buenos días! ¡Buenas tardes! Alors que nous grimpons à bord d'un transport, les gens nous souhaitent une bonne journée, peu importe l'heure : une forme de courtoisie qui nous a agréablement surprises. Nous nous imaginons déjà revenir au Québec, muni de notre plus beau sourire, monter à bord d'un autobus en saluant allègrement tous les passagers, ceux-ci se questionnant s'ils devraient nous rendre la pareille! Du plus petit mode de transport au plus grand, il y a le « truffi », le minibus et le micro que nous utilisons quotidiennement. Alors que le « truffi » a la forme d'un corbillard d’une capacité de 7 personnes, le mini, soit une camionnette, peut accueillir entre 8 à 15 passagers. Le dernier, le micro, s'apparente pour sa part à un petit autobus scolaire coloré.

Photo : © Maryse Pilon

Où sont les arrêts pour attendre le transport en commun ?

Ce fut lors d'une de nos visites au début du projet, accompagné de Boliviens, que nous avons appris que les quelques bancs au coin des rues n'étaient que de simples aires de repos. Les arrêts étant informels, il est possible d'accoster un véhicule facilement, peu importe où nous sommes. À première vue, cela peut prêter à confusion, mais on y prend vite goût. En effet, afin d'interpeler un de ces trois types de véhicules, il faut se positionner bien en évidence, tendre le bras et agiter la main ou les doigts, afin que ces derniers se placent à notre hauteur. Toutefois, si on en repère un qui va à la destination désirée, il vaut mieux se dépêcher, courir et se frayer un chemin à travers les autres véhicules afin de monter à bord. Tout comme les arrêts, les horaires demeurent inexistants, mais grâce à nos familles d’accueil, nous connaissons des points de repère essentiels.

 

La cohue!

Difficile de comprendre la fonction des klaxons, à vrai dire, nous ne croyons pas qu'il y ait de règles formelles, alors ils sont utilisés à toutes les sauces! Au fil du temps, on finit par s'habituer au son, à l'exception des quelques matins où nous sommes encore endormies et que ces bruits stridents et inattendus viennent nous réveiller, telle une décharge électrique! Dans toute cette cohue, nous avons tout de même remarqué que les conducteurs utilisent principalement leur klaxon afin d’encourager les passants à monter dans leur véhicule mais aussi pour avertir les piétons de leur céder le passage. Car oui, à La Paz les voitures ont la priorité complète sur les piétons. À tel point que nous devons redoubler de vigilance lorsque nous traversons à la lumière verte.

 

À vos marques ! Prêts ? Partez !

 Les feux de circulation, lorsqu'il y en a, sont très peu respectés. Personne à l'horizon ? On passe !  Pour se divertir, nous ne jouons pas à repérer des voitures jaunes comme nous avions l’habitude de le faire enfant, mais plutôt à trouver les feux tricolores et les passages piétonniers, car ils se font rares. C'est pour cette raison que la municipalité a mis en place un programme de gestion routière par le biais de mascottes. Devinez quoi ? Il y a des zèbres à La Paz! Ces derniers voient au respect du code routier, leurs lignes symbolisant celles des passages piétons. Un concept original qui rend la marche plus sécuritaire et qui dynamise l'ambiance générale au grand plaisir des enfants! L'avantage de choisir la marche à pied est de vivre une expérience sensorielle unique, et ce, à l'échelle humaine. Aux multiples odeurs se mêlent une multitude de couleurs et à chaque coin de rue une diversité de produits se trouvent à portée de mains. Pour ce qui est des deux roues, on peut compter sur nos doigts le nombre de bicyclettes aperçues en ville. En effet, monter les côtes infinies de La Paz ne semble pas être l'activité préférée de grand monde et ça peut se comprendre ! Rue ou trottoir ? On les considère comme des synonymes. Tout le monde marche de part et d’autre de la rue, en fait où il y a de l'espace pour circuler. Ainsi, il est normal d’avoir peur de se faire écraser les pieds !

 

Les traditions au cœur des transports

Depuis 2014, deux nouveaux types de transports municipaux ont été mis en place reliant la ville de La Paz à ses périphéries, dont la ville d’El Alto : le téléphérique et l’autobus public nommé PumaKatari. Située au creux de montagnes, la ville de La Paz est propice à l'utilisation de transport aérien. Les 22 stations réparties sur six lignes forment le plus grand système urbain de téléphérique au monde qui d’ailleurs ne cesse de se développer.

En effet, la nouvelle ligne de couleur bleu céleste a été inaugurée en grande pompe le mois dernier et la ligne mauve devrait être inaugurée en septembre 2018. Dans une optique de valorisation de la culture bolivienne, les couleurs des lignes représentent celles du drapeau autochtone, le « Wiphala ». Toutes sans exception offrent une vue à couper le souffle qui nous font même oublier qu’on a le vertige ! Par contre, pour celles et ceux qui préfèrent la voie terrestre, le PumaKatari, reste la meilleure option. C’est le seul moyen de transport qui fonctionne 24h sur 24 avec 7 lignes qui desservent les zones éloignées de la ville. Ce transport public, s’apparentant le plus aux réseaux de transport des grandes villes québécoises, tire son nom du puma et du serpent (Katari), deux animaux ayant une profonde signification cosmologique pour les Autochtones Tihuanacotas.

On prend plaisir à visiter « La Paz Maravillosa » comme elle est surnommée ici, à travers tous ses modes de déplacements qui nous font vivre chaque instant différemment.

Photo du téléphérique crédit ©Flavie Riou-Routhier.