Un passé aux eaux troubles

1 septembre 2017
par 
Véronique Gauthier-Galardo, stagiaire du groupe QSF au Cambodge

Huit jeunes québécoises et québécois effectuent actuellement un stage d’initiation à la solidarité internationale au Cambodge dans le cadre du programme Québec sans frontières (QSF). Ils et elles appuient actuellement un partenaire de Développement et Paix, Development and Partnership in Action (DPA).

DPA se fait partenaire, habilite et supporte les Cambodgiens et Cambodgiennes les plus pauvres et les plus vulnérables, particulièrement dans les secteurs ruraux. Il contribue activement à la création d'un environnement propice au développement durable et équitable. Dans le cadre de son programme de partenariat, DPA offre un appui aux organisations communautaires de base, telles que la coopérative agricole Por Samrong, où se déroule le stage QSF.

Au courant de leur séjour, le groupe nous partage le récit de leurs expériences. Ici, Véronique nous partage un peu d’histoire et ses impressions du peuple cambodgien.

Lorsque l'on mentionne le nom du Cambodge, on ne peut omettre son passé tragique. Il y a à peine 40 ans, c'était le début d'un génocide qui entraîna dans la mort environ 25% de la population du pays. Cet événement toujours présent dans la mémoire collective a façonné le peuple cambodgien d'aujourd'hui. C'est dans cette optique, lourde de mes lectures et de mes états d'âme face à cette tragédie, que je m'avance aujourd'hui à la rencontre des Cambodgiens qui ont survécu ce passé aux eaux troubles.

Un peu d'histoire

Kampuchéa est aujourd'hui le nom par lequel les Cambodgiens désignent leur pays. Lors du régime des Khmers rouges, on a particulièrement insisté pour que ce nom soit utilisé auprès de tous. Le gouvernement actuel a fait un retour vers le nom Cambodge afin de se dissocier des actes meurtriers survenus au temps des Khmers Rouges.

Bien que ce soit le nom Cambodge qui soit à présent utilisé par le reste du monde, les ravages du génocide se ressentent toujours dans ce pays. Les Khmers rouges ont pris le pouvoir en 1975 avec l'objectif ultime de rendre le pays aux agriculteurs en créant une coopérative agricole. Celle-ci s'étendait à travers le pays où chacun devait travailler sans relâche afin de servir "l'Angkar", soit l'organisation. Malgré cette période noire qui s'est échelonnée de 1975 à 1979, le Cambodge est aujourd'hui un pays d'Asie du Sud-Est qui se reconstruit lentement.

Mes impressions face au peuple cambodgien 

J'étais consciente des atrocités vécues lors du génocide par le peuple en entier avant mon départ, mais je ne savais pas comment cette cicatrice se dépeindrait sur les habitants du Cambodge aujourd'hui. Lors d'une journée de balade, un ami nous fait découvrir la région. Nonchalamment, il me pointe alors un joli lac, et me dévoile bientôt que cette étendue d'eau devant laquelle je m'extasie a en fait été creusée à la pelle par les habitants de l'endroit sous le joug autoritaire des Khmer Rouges. Cet événement me rappelle que derrière la beauté qui surplombe mon pays d'accueil, un passé tragique s'y trouve, bien moins lointain qu'on pourrait le croire.

Mon constat s'impose alors: c'est bien peu dire de ce peuple qu'il est d'une résilience à toute épreuve. En effet, je ne peux qu'admirer la générosité et la joie de vivre des cambodgiens que je côtoie.

Un autre aspect que j'ai trouvé des plus inspirants est le grand calme qui caractérise ce peuple. C'est toujours avec une voix douce que notre père et notre mère d’accueil s'adressent à nous, avec un grand sourire aux lèvres. Ces gens, que je peine à comprendre, m'inspirent une aura bienveillante des plus naturelles. 

Ce pays ayant mené un long chemin vers la paix surprend ainsi par son aspect humain dominant. Je peux seulement en conclure que, malgré les atrocités auxquelles peuvent être soumis un peuple, il y a toujours une certaine forme de bonté qui en ressort. Cette bonté, c'est l'être humain, c'est le peuple cambodgien.