Un village reçoit un coup de pouce

27 juillet 2012
par 
Kelly Di Domenico, agente de communications

Kelly Di Domenico et Guy Des Aulniers, chargé de programmes aux secours d’urgence, sont présentement au Niger, l’un des pays les plus sévèrement atteints par la crise alimentaire que connaît le Sahel en Afrique de l’Ouest. Trois journalistes de Salt and Light Television les accompagnent pour témoigner de ce qui se déroule dans la région et pour prendre connaissance des programmes de secours d’urgence que nous appuyons au pays, en collaboration avec la Banque de céréales vivrières du Canada (Canadian Food Grains Bank).

L’équipe est arrivée au Niger le 23 juillet et visitera plusieurs des projets humanitaires que met en œuvre notre partenaire local, CADEV (Caritas Niger), dans les camps de réfugiés, les sites de distribution alimentaire et de relance agricole. Ils rencontreront les bénéficiaires et leaders locaux et ils partageront leurs histoires avec nous, pour que nous puissions mieux comprendre l’ampleur de la présente crise et ce que nous pouvons faire pour y répondre. 

Le village de Garbeygourou est situé à côté d'une route de terre toute déformée qui s'étend sur une terre de sable rouge, encore plus éclatante après une pluie récente. En soi, le village ne semble être composé que d'un petit regroupement de huttes. Toutefois, dès notre arrivée, le chef est venu nous accueillir. Aussitôt, les gens ont peu à peu commencé à sortir, se regroupant tranquillement dans le milieu du village. Avant qu'on n'ait le temps de dire ouf, il y avait au moins 100 hommes, femmes, enfants et bébés autour de nous, et plusieurs autres personnes arrivaient encore. Ce village reçoit de l'aide de Caritas Niger à cause de l'insécurité alimentaire. Plusieurs familles n'ont pas assez de nourriture et on y a également dénombré quelques cas de malnutrition sévère chez certains enfants.

Le chef du village, venu nous accueillir avec un large sourire, nous a dit : « Je dois tout d'abord vous remercier, parce que la joie ne peut être cachée. »,  et ce, en guise de reconnaissance pour la solidarité des Canadiennes et Canadiens à travers Développement et Paix. C'est un jeune chef cependant, et ses yeux ne peuvent cacher son inquiétude pour sa communauté. « Nous espérons avoir une récolte dans 60 jours, mais nous ne croyons pas qu'il y aura suffisamment de nourriture pour durer jusqu'à la prochaine récolte », a-t-il ajouté.

Caritas Niger a organisé de nombreuses activités ici pour aider les familles à faire face aux pénuries alimentaires, y compris des foires de semences, des programmes Vivres contre travail, de la distribution de nourriture gratuite et la vente de vivres à prix réduit. Toutes ces activités ont donné à la communauté un sérieux coup de pouce afin de passer à travers cette période difficile jusqu'à la prochaine récolte. Cela a fait toute une différence pour un vieil homme du village. Depuis deux ans, et malgré son âge avancé, ce vieillard a dû quitter le village pour essayer de trouver de l'or pour faire vivre sa famille. Mais cette année, il est reconnaissant de ne pas avoir à le faire. Pour l'instant, avec l'aide de Caritas Niger, les villageois pourront éviter la sensation de « haray », mot utilisé pour décrire la faim, une sensation qui est devenue trop commune pour beaucoup des habitants du Niger.