Un voyage entre rêve et réalité

Dans Jeunes
10 juillet 2014
par 
Samuel Arseneau-Roy, stagiaire QSF en Haïti

Des jeunes québécoises et québécois effectuent actuellement un stage d’initiation à la solidarité internationale en Haïti dans le cadre du programme Québec sans frontières (QSF). Ils appuient le Mouvement paysan papaye (MPP), un partenaire de Développement et Paix et partagent avec nous le récit de leurs expériences.

En fin de semaine dernière s’est tenue la sortie annuelle des employés du MPP au cours de laquelle les participants couraient la chance de gagner un séjour pour visiter l’un des nombreux lieux de villégiatures en Haïti. Cette année, notre groupe de stagiaires a accompagné le convoi de plus de 80 personnes qui se rendait dans la ville des Cayes, située à l’autre bout du pays.

L’aventure a commencé par un réveil quelque peu précipité par les coups de klaxons qui ont retenti à 4 h 15 le vendredi matin. Heureusement, il nous restait encore 45 minutes pour ouvrir nos paupières et terminer de faire nos bagages avant de rejoindre le reste du groupe à Hinche. Sur place, nous avons appris que notre groupe serait divisé dans trois des quatre minifourgonnettes pouvant accueillir plus de 15 passagers. Durant les sept heures de trajet, Marie-Claude et Martin ont voyagé ensemble tandis qu’Aimée, Audrey, Christine et Ève-Laurence se trouvaient dans un autre véhicule. Quant à moi, je me suis retrouvé seul dans une troisième voiture. À défaut d’écouter de la musique haïtienne en boucle, comme ce fut le cas pour les autres membres du groupe, mes partenaires de voyage se divertissaient en partageant des blagues en créole ou en chantant des chansons grivoises à tue-tête ! C’est donc dans une ambiance festive, mais dans un confort discutable, que nous avons regardé les paysages montagneux défiler à l’infini.

À l’arrivée, dans une salle de classe, les 80 vacanciers ont dû régler les détails logistiques comme la distribution des repas, la séparation des tâches et le partage des chambres, et ce, dans une chaleur insupportable. Tous nos soucis se sont cependant rapidement estompés lorsque, en fin d’après-midi, nous avons pu nous baigner dans l’eau turquoise, les pieds dans le sable fin en sirotant une bière Prestige. Au retour de cette courte baignade, nous nous sommes arrêtés au bord d’une rivière pour le bain collectif, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre ! La scène à laquelle j’ai assisté, en tant que seul étranger à me laver au milieu des vacanciers, était tout à fait cocasse et relevait de l’immersion culturelle la plus totale !

Le lendemain, l’excitation de passer la journée sur la plage de Port-Salut venait à bout de la fatigue de celles et ceux que la chaleur extrême avait empêché de trouver un sommeil apaisant. On nous a également proposé comme activités supplémentaires d’assister à une rencontre entre des partenaires du MPP et de visiter une coopérative paysanne. Pour être honnête, j’étais de ceux qui étaient déterminés à passer la journée entière sur la plage ! C’est dans un décor paradisiaque que nous nous sommes baignés, joué au frisbee et enfin dégusté un bon rhum haïtien.

Dimanche venu, il était déjà temps de se contorsionner à nouveau pour reprendre la route, sacs sur les genoux, vers notre maison à la campagne. Au passage, la vue de la pauvreté et surtout l’insalubrité de certains quartiers de Port-au-Prince étaient choquantes tant le contraste avec les endroits de rêve que nous venions de visiter était grand. Cependant, à peine de retour au Sant Lakay du MPP, cet endroit que nous appelons « chez nous », notre groupe à l’esprit voyageur avait déjà hâte de voyager à nouveau dans deux semaines pour visiter le Cap-Haïtien.

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