Une situation plus que préoccupante au Paraguay

30 avril 2014
par 
Khoudia Ndiaye, agente de communications

Au Paraguay, suite à la chute de la dictature du général Alfredo Stroessner (1954-1989), l’une des plus brutales du continent, se terminait l'ère de la violation systématique des droits humains. L’un des mouvements sociaux à s’être rapidement mobilisé après les premières élections a été celui des paysans. Même si la majorité de la population vit de l’agriculture, 90 % des terres sont possédées par quelque quatre cents familles.  La répartition des terres se caractérise entre autre par de fortes inégalités et la réforme agraire est la revendication principale des organisations paysannes et des travailleurs ruraux.

Mais depuis plusieurs années, on constate que la paysannerie et les organisations de défense des droits humains font l’objet de pressions et d’accusations à répétition et subissent une campagne médiatique de dénigrement. En juin 2012, des paysans avaient occupé des terres appartenant à l'État et la police était intervenue pour les déloger. Au total, 11 paysans et 6 policiers ont été tués. Cette affaire avait provoqué une crise politique sans précédent et conduit à la destitution, quelques jours plus tard, du président Lugo. L’incident avait également provoqué une réaction de l’épiscopat du Paraguay qui était sorti de sa réserve  pour dénoncer les souffrances de la population et demander aux autorités de trouver une solution au problème des paysans emprisonnés à la suite de ces violents affrontements.

Le Service de Justice et Paix du Paraguay (SERPAJ-PY), un partenaire de Développement et Paix depuis plus de seize ans, dénonce les tensions qui ne cessent de s’aggraver et fustige la stratégie mise en place pour bloquer les revendications sociales, en particulier celles liées à la terre. Il souligne la criminalisation des leaders paysans et des défenseurs des droits humains ainsi que les poursuites judiciaires qu’ils subissent. En effet, ils sont la plupart du temps, arrêtés et entraînés dans des procédures pénales longues, coûteuses et compliquées.

Ainsi, face à cette situation critique, le SERPAJ-PY, a lancé une vaste campagne de sensibilisation De quoi parlons-nous lorsque nous évoquons les droits de la personne au Paraguay ? afin de dénoncer les violences et la stigmatisation que subissent les paysans paraguayens et les organisations de défense des droits humains. Développement et Paix a décidé d’appuyer la campagne de son partenaire et lui a adressé une lettre de soutien.

Développement et Paix appuie divers projets au Paraguay visant essentiellement à soutenir le développement rural, à renforcer le processus de démocratisation et à former des leaders communautaires pour la mise en place d’un modèle de développement durable.

 Lire la lettre de soutien envoyée au SERPAJ-PY