COVID-19 – nouvelles du terrain

L’impact de la pandémie COVID-19 causée par le coronavirus qui sévit actuellement se fait déjà sentir sur l’ensemble de la grande famille humaine.

Dans plusieurs pays du Sud, la pandémie vient mettre davantage de pression sur les communautés et les ressources précaires dont elles disposent et exacerbent certains problèmes causés par la pauvreté, la faim, les changements climatiques et l’instabilité politique. Cependant, les communautés répondent déjà avec une solidarité et une résilience remarquable.

Ce fil de nouvelles présente le travail des partenaires de Développement et Paix sur le terrain et leur impact, afin de soutenir les communautés affectées par la crise du coronavirus.

 

Soutenir les communautés pauvres et marginalisées en Haïti

En Haïti, les mesures sanitaires mises en place semblent pour l’instant avoir permis de freiner la pandémie au pays (7544 cas et 171 morts au 7 août), mais le système sanitaire haïtien demeure très vulnérable. Il y a très peu d’infrastructures sanitaires et elles sont peu équipées. Même en situation normale, le système sanitaire haïtien ne peut pas répondre au besoin de la population. Des actions de mobilisation et de sensibilisation, de prévention et de prise en charge médicale à l’échelle nationale sont nécessaires.

Afin de soutenir les efforts de l’État haïtien en matière de santé, Développement et Paix a fait une contribution de 50 000$ à son partenaire sur le terrain, Caritas Haïti. Grâce à son réseau développé de comités paroissiaux, Caritas Haïti accompagne les communautés vivant dans des régions rurales isolées dans la lutte contre la pandémie de COVID-19. Plus spécifiquement, le projet vise à renforcer les capacités des communautés et des professionnels de santé du réseau Caritas Haïti afin d’identifier et d’isoler les cas suspects, suivre l’évolution de la pandémie et proposer des mesures pour éviter sa propagation, ainsi qu’à faire la sensibilisation et la prévention auprès des communautés.

Les efforts seront mis afin de rejoindre et de protéger les communautés pauvres et marginalisées, en particulier les familles bénéficiaires des projets de développement en cours, la population carcérale et les femmes. Au total, plus de 48 500 Haïtiens bénéficieront du projet, dont 7 500 familles qui recevront des ensembles de prévention sanitaire. L’accent sera également mis afin de sensibiliser les femmes aux risques de propagation, principalement les grandes et petites commerçantes, connues comme les « Madan sara », qui vont aux marchés tous les jours.  

Des installations pour le lavage des mains ont été mises en place en divers endroits.

À Madagascar, la pandémie aggrave l'insécurité alimentaire déjà existante

À Madagascar la pandémie est venue exacerber un contexte déjà extrêmement précaire. En date du 31 juillet , plus de 10 000 cas de COVID-19 ont été déclarés, une progression préoccupante depuis le mois de juin, dans un contexte où les installations sanitaires sont insuffisantes et les capacités de dépistage sont limitées. Les craintes associées à la pandémie et à une flambée des prix des denrées alimentaires ont poussé de nombreuses personnes à fuir la capitale Antananarivo dès le mois de mars, pour se rendre vers les villages et les zones de production agricole. 
 
Les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire sont très palpables. Avec 75 % de la population qui vit avec moins de 1.9 $ par jour (Banque Mondiale, 2019) et 50 % des enfants de moins de cinq ans qui souffrent de retard de croissance, la situation fait craindre une crise alimentaire et sociale.
 
Devant les risques d’une aggravation de l’insécurité alimentaire déjà existante, nous avons débloqué 35 000 $ de notre Fonds solidarité pour la Covid pour soutenir notre partenaire, la Commission Pastorale Sociale du Diocèse de Tsiroanomandidy afin d’acheter, de stocker, et de vendre du riz paddy. Le projet financé, complémentaire aux projets déjà menés auprès des regroupements paysans, cherche à mitiger l’insécurité alimentaire tout en générant un fonds d’aide alimentaire autogéré par les paysans et paysannes pour faire face aux chocs sanitaires et climatiques dans la région enclavée de Melaky. Plus de 1600 personnes pourront bénéficier de ce projet. 

La violence envers les femmes : l’autre épidémie qui menace l’Afghanistan

La hausse du nombre de cas d’infection au coronavirus s’est fait sentir dès le mois de mai dernier en Afghanistan, alors que les migrants revenaient d’Iran et que plusieurs familles afghanes se déplaçaient à l’intérieur du pays pour célébrer le mois sacré du Ramadan chez les musulmans. Au 20 juillet, plus de 35 000 cas de la COVID-19 sont recensés au pays. 
 
Les mesures de confinement mises en place par le gouvernement à l’échelle du pays, bien qu’efficace afin d’aplanir la courbe de la COVID-19, exacerbe une autre épidémie, sociale celle-là. Bien avant la pandémie, d'après des études citées par l'ONU, 87 % des femmes afghanes ont été victimes d'au moins une forme de violence physique, psychologique ou sexuelle, et 62 % des femmes ont vécu plusieurs formes de violence. Les auteurs de cette violence sont souvent des membres de la famille rapprochée. En période de confinement, le risque de violence est élevé pour les Afghanes. 
 
Notre partenaire, Medica Afghanistan, reçoit plus de 100 appels par jour de femmes en détresse. Afin de répondre à ses besoins croissants, Développement et Paix a alloué 60 000 $ du Fonds de solidarité COVID-19 à Medica Afghanistan pour un projet visant à défendre et à soutenir 510 survivantes de violence dans la province d’Herat. En impliquant leur famille, les officiers de police, les procureurs et les législateurs, le projet permettra de sensibiliser et d’éduquer des centaines de personnes additionnelles.
 
Tout au long de l’année, Medica Afghanistan:
 
  • Fournira des conseils psychosociaux aux femmes et aux filles affectées par les violences sexuelles et fondées sur le genre.
  • Créera des groupes de soutien par les pairs afin que les femmes puissent s’entraider à gérer le stress et à surmonter le trauma.
  • Offrira de l’aide juridique aux victimes; les informera de leurs droits; les aideront en cours; et facilitera une réintégration sécuritaire au sein de leur famille.
  • Militera pour des lois sur le droit à une compensation pour les femmes victimes de violence en :
    • Mettant sur pied un comité de travail composé de représentant.e.s de la société civile, du ministère de la justice, et de la commission afghane des droits de la personne et de l’association du barreau, afin d’ébaucher une législation pour le droit à la compensation.
    • Révisant les lois sur le droit à la compensation et recommandant des manières de les adapter au contexte afghan.
    • Conduisant un atelier avec 25-30 officiels et acteurs clés afin de raffiner la législation avant de la soumettre au gouvernement.
 

Dénoncer le despotisme au Honduras

Au Honduras, où 1 270 personnes ont été testées positives à la COVID-19 et 93 personnes en sont mortes, le gouvernement a déclaré l'état d'urgence et la plupart des activités économiques ont été interrompues. Cependant, plutôt que de servir comme moyen pour contenir la propagation de la pandémie, le confinement semble être utilisé à des fins méprisables et odieuses.

Le partenaire de Développement et Paix, le Centre hondurien pour la promotion du développement communautaire (CEHPRODEC), promeut la souveraineté alimentaire, l'agriculture durable et les droits humains dans les régions rurales les plus pauvres du pays. Alarmé par l'impact de la pandémie sur son travail et sur celui d'autres organisations de défense des droits et de la solidarité, le CEHPRODEC a publié une déclaration audacieuse dénonçant d’une manière catégorique les récentes actions du gouvernement.

La lettre ouverte du CEHPRODEC est un appel à :

  • une distribution plus équitable de l'aide publique;
  • à la fin de l'intimidation des défenseurs des droits humains;
  • à un meilleur accès à la justice;
  • à une surveillance plus étroite du traitement réservé aux défenseurs de l'environnement et des droits humains par les forces de sécurité de l'État.

Pour plus de détails, veuillez consulter le texte original de la lettre ouverte du CEHPRODEC en espagnol ou lisez sa traduction en français.

Un comité de défense de l'environnement inspiré par l'encyclique du pape François, Laudato Si', se réunit à Gualaco, dans le département hondurien d'Olancho.

Au Pérou, les communautés touchées par les activités minières vulnérables face à la Covid-19

Le partenaire de Développement et Paix — Caritas Canada, le Centro Labor a lancé début avril la campagne solidaire « unis face au coronavirus » dans la région de Pasco, un important centre minier au Pérou.

Dans cette région, les communautés sont fortement affectées par les activités minières et plusieurs familles souffrent d’un taux élevé de métaux lourds dans leur sang causé par la pollution des opérations minière. Ces niveaux élevés de métaux lourds dans leur sang affaiblissent leur système immunitaire, les rendant plus vulnérables à la Covid-19.

Afin de les aider à traverser la pandémie, le Centro Labor a rapidement adapté ses activités et procède à la distribution d’aliments auprès des familles les plus pauvres et les plus affectées dans ces communautés. Les intervenants profitent de la distribution pour rappeler les mesures de prévention essentielles dans le respect de la quarantaine, soit le lavage des mains, la distanciation physique et l’usage de masques.

Cette campagne solidaire est possible grâce à vos dons à Développement et Paix qui permettent à nos partenaires de poursuivre leurs activités et de s’adapter en ces temps de pandémie.

 

Lutter contre la maladie et le déni au Brésil

Après avoir comparé la COVID-19 à une “petite grippe” et avoir congédié son ministre de la santé, le président Jair Bolsonaro s’est joint à des manifestations contre le confinement visant à contenir la pandémie. Pendant ce temps, plus de 40 000 Brésiliens ont été testés positif à la COVID-19 et plus de 2 500 personnes en sont mortes, ce qui représente plus de la moitié des décès associés à la COVID en Amérique du Sud.

De manière inquiétante, la pandémie a atteint des populations éloignées dont les vulnérabilités sont multipliées par la pauvreté et un système de santé fragilisé. Au moins un décès a été rapporté parmi les Muras de Manaus, une communauté autochtone au cœur de notre campagne Pour notre maison commune.

La situation à Piquiá de Baixo illustre parfaitement la manière dont la pandémie affecte des crises préexistantes. Alors qu’elle souffre déjà des décennies de pollution industrielle, la communauté Maranhão a été frappée par des pluies torrentielles le mois dernier, ce qui a provoqué une fissure dans un barrage local, détruisant des maisons et déplaçant des centaines de personnes.

En s’assurant de respecter le principe de distanciation et avec l’équipement de protection requis, des petites équipes de notre partenaire, Justiça nos Trilhos, aident à reconstruire les maisons et sensibilisent la population à la COVID-19 et aux mesures d’hygiène. Un expert se rend également sur place chaque semaine afin de fournir un soutien psychosocial aux communautés affectées.

Partout au Brésil, nos partenaires locaux :

  • Travaillent de la maison et font des rencontres en ligne, autant que possible.
  • Mettent en place des mesures d’hygiène strictes et des protocoles de distanciation lorsque des rencontres en personne sont nécessaires.
  • Mènent des campagnes d’éducation publique, au moyen d’affiches, des médias sociaux et de baladodiffusions.
  • Luttent contre la désinformation du gouvernement et des sources corporatives.
  • Font campagne pour de meilleurs soins de santé, l’accès à des services sociaux et des mesures de confinement pour les communautés autochtones.
  • Soutiennent les efforts des gouvernements locaux pour contrer la pandémie, ceux-ci agissant de manière responsable contrairement au gouvernement central.
  • Appellent à un moratoire sur l’exploitation minière et forestière et l’agriculture industrielle dans les zones protégées et les communautés autochtones.

Prendre des mesures préventives au Bangladesh

La COVID-19, qui a déjà infecté 88 personnes au Bangladesh et a fait huit morts, constitue un risque réel pour environ un million de personnes réfugiées Rohingya et les communautés hôtes. 

Afin de se préparer à la pandémie, notre partenaire Caritas Bangladesh a distribué plus de 114 080 dépliants et 400 affiches à près de 225 000 personnes afin de leur transmettre des informations relatives à la santé et la sécurité fournies par le gouvernement et de l’Organisation mondiale de la santé. Caritas Bangladesh a aussi :

  • distribué des fournitures hygiéniques;
  • libéré des fonds d’urgence pour ses bureaux locaux;
  • formé des comités de vigilance nationaux, régionaux et locaux;
  • annulé la majorité de ses réunions, rencontres et déplacements;
  • forcé l’isolement de son personnel rentrant de l’étranger;
  • mis en place des politiques de télétravail;
  • centralisé l’information et les ressources pour son personnel;
  • réorganisé le travail afin de minimiser le travail de terrain.

À Cox’s Bazar, Caritas Bangladesh a dû suspendre une grande partie de ses activités dans le camp de réfugiés jusqu'au 14 avril au moins. Du savon et de l’eau ont été mis à disposition à l’entrée des camps, et des petites équipes de travail formées aux procédures de sécurité ont continué de distribuer des ensembles de préparation pour la mousson et de superviser le maintien des infrastructures de base.

Les partenaires de Développement et Paix en Haïti se mobilisent

Alors qu'apparaissaient les premiers cas de la COVID-19 testés positifs en Haïti, les partenaires de terrain de Développement et Paix ont mis en place des activités de sensibilisation de la population sur le coronavirus. La plupart d'entre eux continuent de mener plusieurs activités dans leurs espaces d’intervention, avec certainement des restrictions. Emmanuel Noël, agent de suivi des projets de Développement et Paix en Haïti, offre un aperçu du travail de nos partenaires haïtiens en réponse à la pandémie du coronavirus. En savoir plus.

En Somalie, Trocaire se prépare à répondre à la pandémie

Le 16 mars dernier, le Ministère de la Santé de la Somalie annonçait un premier cas de la COVID-19 dans la capitale, Mogadishu. Rapidement, les vols internationaux ont été suspendus et à l’instar des mesures prises dans plusieurs pays du monde, le premier ministre Hassan Ali Khaire n’a pas tardé à annoncer la fermeture des établissements d’enseignement et l’annulation des événements publics et des rassemblements.

Notre partenaire Trocaire, qui intervient dans la région de Gedo principalement en matière de santé, a rapidement mis en place certaines mesures afin de protéger les communautés locales du virus, tout en maintenant les services essentiels dans les domaines de la santé, de l’alimentation, de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, ainsi qu’en protection.

Des locaux d’isolement conformes aux normes sont en préparation et des équipements essentiels ont été sécurisés pour le personnel et les patients. Travaillant avec le ministère de la santé, l’Organisation mondiale pour la santé, et avec leurs partenaires locaux, Trocaire a formé plus de 60 influenceuses communautaires afin de travailler sur les bonnes pratiques d’hygiène dans les communautés.

 

Caritas Liban fournit des soins de santé de première ligne aux communautés touchées par la crise

Au Liban, où une crise financière a limité la capacité des soins de santé et où les structures familiales multigénérationnelles, ainsi qu’une importante population de réfugiés rendent difficile la distanciation physique, la COVID-19 constitue une grave menace. La pandémie a déjà touché 248 personnes et fait quatre morts.  
 
Le partenaire de Développement et Paix, Caritas Liban, suit activement la situation et collabore avec l'Organisation mondiale de la santé et le ministère de la santé. Trois des membres de son personnel ont reçu une formation en santé et sécurité en lien avec la COVID-19 et transmettent ces compétences à d'autres personnes.  
 
Les centres de santé de Caritas Liban ont mis en place des protocoles pour identifier et isoler les personnes présentant les symptômes de COVID-19, pour utiliser des équipements de protection individuelle et pour désinfecter les espaces. Le personnel a été formé à l'hygiène respiratoire, au lavage des mains et à la distanciation sociale et a accès à une ligne d'assistance interne. En suivant des mesures de sécurité très strictes, une unité d'intervention d'urgence distribue des kits alimentaires aux communautés touchées par la COVID-19.