La violence envers les femmes : l’autre épidémie qui menace l’Afghanistan

Il y a 1 mois
La hausse du nombre de cas d’infection au coronavirus s’est fait sentir dès le mois de mai dernier en Afghanistan, alors que les migrants revenaient d’Iran et que plusieurs familles afghanes se déplaçaient à l’intérieur du pays pour célébrer le mois sacré du Ramadan chez les musulmans. Au 20 juillet, plus de 35 000 cas de la COVID-19 sont recensés au pays. 
 
Les mesures de confinement mises en place par le gouvernement à l’échelle du pays, bien qu’efficace afin d’aplanir la courbe de la COVID-19, exacerbe une autre épidémie, sociale celle-là. Bien avant la pandémie, d'après des études citées par l'ONU, 87 % des femmes afghanes ont été victimes d'au moins une forme de violence physique, psychologique ou sexuelle, et 62 % des femmes ont vécu plusieurs formes de violence. Les auteurs de cette violence sont souvent des membres de la famille rapprochée. En période de confinement, le risque de violence est élevé pour les Afghanes. 
 
Notre partenaire, Medica Afghanistan, reçoit plus de 100 appels par jour de femmes en détresse. Afin de répondre à ses besoins croissants, Développement et Paix a alloué 60 000 $ du Fonds de solidarité COVID-19 à Medica Afghanistan pour un projet visant à défendre et à soutenir 510 survivantes de violence dans la province d’Herat. En impliquant leur famille, les officiers de police, les procureurs et les législateurs, le projet permettra de sensibiliser et d’éduquer des centaines de personnes additionnelles.
 
Tout au long de l’année, Medica Afghanistan:
 
  • Fournira des conseils psychosociaux aux femmes et aux filles affectées par les violences sexuelles et fondées sur le genre.
  • Créera des groupes de soutien par les pairs afin que les femmes puissent s’entraider à gérer le stress et à surmonter le trauma.
  • Offrira de l’aide juridique aux victimes; les informera de leurs droits; les aideront en cours; et facilitera une réintégration sécuritaire au sein de leur famille.
  • Militera pour des lois sur le droit à une compensation pour les femmes victimes de violence en :
    • Mettant sur pied un comité de travail composé de représentant.e.s de la société civile, du ministère de la justice, et de la commission afghane des droits de la personne et de l’association du barreau, afin d’ébaucher une législation pour le droit à la compensation.
    • Révisant les lois sur le droit à la compensation et recommandant des manières de les adapter au contexte afghan.
    • Conduisant un atelier avec 25-30 officiels et acteurs clés afin de raffiner la législation avant de la soumettre au gouvernement.