Patience

Patience Ubani,

de Bue-Leh à Bori, au Nigéria

Devp temoignages Patiente 2018

« Le jour de l’explosion [du puits de pétrole], nous avons vu une énorme fumée noire se diriger vers notre communauté. Elle est entrée dans nos narines, nos yeux et nous a rendus malades », raconte Patience Ubani, une agricultrice originaire de Bue-Leh.

« Nous avons été forcés de partir car nous n'avions plus d'eau à boire », poursuit-elle. Patience, dont le goître s’est développé au fil des ans en raison de l’inhalation de résidus toxiques, vit désormais à Bori avec ses enfants, mais retourne régulièrement à Bue-Leh.

« Tout ce que nous voulons, c’est rentrer chez nous. »

Développement et Paix et son partenaire Social Action travaillent à renforcer les capacités de dizaines de communautés parmi les plus vulnérables dans le delta du Niger, comme celle de Bue-Leh.

« Les causes de la migration forcée dans le delta du Niger sont d’ordre écologique », explique Fyneface Dumnamene, chargé de projets à Social Action. « Nous devons continuer à soutenir les communautés Ogoni dans leur quête de justice, afin qu’elles puissent retourner chez elles. Si nous cessons d’être à leurs côtés, les injustices sociales et écologiques demeureront. »

 

Les exilés environnementaux du delta du Niger

Le 4 avril 2008, les membres de la communauté Bue-Leh, une communauté insulaire Ogoni du delta du Niger, ont dû quitter leurs foyers suite à un déversement de pétrole survenu à quelques mètres de leur île. Le pétrole a serpenté à travers les cours d’eau, détruisant leurs moyens de subsistances liés à la pêche et à l’agriculture, et affectant gravement leur état de santé.

 

2,62 millions de personnes déplacées internes et réfugiées