Affronter la sécheresse en Namibie

La Namibie est le 34e plus grand pays du monde et c’est aussi celui qui a le moins de précipitations dans toute l’Afrique sub-saharienne. L’été dernier, le pays a affronté sa pire sècheresse depuis 30 ans. Près de la moitié de la population, soit 1 million de personnes, a souffert ou souffre encore de la faim aujourd’hui.

Leticia Aijambo, 69 ans, est une grand-mère qui vit à Anamulenge, une ville située dans l’archidiocèse de Windhoek. Elle s’occupe de ses sept petits-enfants car il est pratique courante en Namibie pour les parents de laisser leurs enfants avec leurs grand-parents au village, pendant qu’ils vont chercher du travail dans les grandes villes. Au pire moment de la crise, Leticia a reçu de Caritas un colis d’aliments de base, incluant des haricots, du riz, de l’huile et du sucre. « Nos cultures ont été complètement détruites l’été dernier et nous n’avions rien à récolter et à stocker. Le soutien apporté par Caritas a donc fait une réelle différence. Si les pluies continuent cette année, alors nous devrions avoir une récolte raisonnable au mois de juin. Mais s’il ne pleut pas suffisamment, la situation sera inquiétante », a-t-elle déclaré.

Afin de venir en aide aux personnes les plus vulnérables frappées par cette crise alimentaire, Développement et Paix a répondu en janvier dernier à l’appel d’urgence lancé par Caritas Namibie en lui octroyant la somme de 100 000 dollars. Ainsi, le projet permettra de réduire l’insécurité alimentaire et d’améliorer la résilience de 16 000 familles parmis les plus vulnérables, soit 96 000 personnes, dans les diocèses de Windhoek, Rundu et Keetmanshoop.

Le projet vise d’une part, la distribution de 96 000 kilos de haricots secs, 48 000 kilos de sucre et 72 000 litres d’huile de cuisson à 16 000 ménages pour compléter la distribution de farine de maïs effectuée par le gouvernement. D’autre part, huit paroisses dans les régions du nord du pays ont mis en œuvre des projets de résilience à petite échelle. Ceux-ci ont permis d’installer des systèmes d’irrigation, de planter des arbres fruitiers et des légumes, de créer des jardins communautaires, de construire des structures de collecte d’eau et de dispenser des formations agricoles qui ont bénéficié à 1200 ménages. Seize autres paroisses situées également dans les régions du nord ont organisé des ateliers de sensibilisation à la gestion des risques de catastrophe destinés à former 320 membres de la communauté.

Au milieu de la sécheresse et des mauvaises récoltes, l’un des prêtres de la localité d’Anamuleng, le Père Lwele, a livré un puissant message durant le Carême. « Demandez pardon, priez et partagez ce que vous avez avec les autres. Il est remarquable de constater qu’au sein des communautés les plus pauvres de Namibie, les personnes partagent le peu de choses dont elles disposent. » Il nous rappelle que le secret du vrai bonheur ce n’est pas d’acquérir de plus en plus mais de donner de plus en plus.