Aujourd’hui encore on meurt pour cultiver la terre

Il y a vingt ans, 19 paysans brésiliens du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre du Brésil (MST), un partenaire de Développement et Paix, étaient assassinés par des tueurs à la solde de grands propriétaires terriens. En mémoire de cette tuerie, la Via Campesina a déclaré le 17 avril comme étant la Journée internationale des luttes paysannes.  Vingt ans plus tard où en est-on ? 
 
Honduras, mars 2016.
Deux leaders autochtones sont sauvagement assassinés : Berta Caceras et Nelson Garcias ;
Colombie, mars 2016.
Un paysan est tué et trois autres sont incarcérés. Leurs crimes : être des défenseurs de la terre et des droits humains ;
Éthiopie, mars 2016.
Un an après leur arrestation, le 15 mars 2015, trois défenseurs du droit à l’alimentation, du droit à la terre et des droits humains continuent à croupir en prison;
Brésil, avril 2016.
Le gouvernement brésilien annonce la suspension du processus de réforme agraire dans le pays ;
Brésil, avril 2016.
Trois paysans sans terre sont tués et sept autres sont gravement blessés lors d’une embuscade menée par des agents de l’État brésilien.
Philippines, avril 2016.
Un paysan a été assassiné et une douzaine ont été grièvement blessés par la police lors d’une manifestation. Les fermiers qui bloquaient une route demandaient au gouvernement de les soutenir pour faire face aux multiples sécheresses.

 

Il ne s’agit là que d’un mois dans la vie des paysans qui luttent pour défendre l’accès à la terre ainsi que leurs droits. Dans plusieurs régions du monde, les luttes paysannes sont réprimées dans le sang et font des centaines de victimes. Les paysans sont les victimes de la globalisation des échanges économiques et culturels, de la recherche du profit avant celui de la dignité humaine. Les luttes paysannes concernent autant le droit à la terre que le droit à la transmission des semences. Les paysans luttent non seulement pour leur survie, mais aussi pour le maintien d’un mode de production agricole dont l’objectif n’est pas le profit, mais de nourrir la planète. Le Canada doit appuyer le processus amorcé par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies devant conduire à l’adoption d’une déclaration sur les droits des paysans.

Soutenir les luttes paysannes est nécessaire pour soutenir l’accès pour toutes et tous à une nourriture saine, produite localement et qui contribue à refroidir notre planète. C’est pourquoi en cette journée internationale des luttes paysannes, Développement et Paix réitère sa solidarité et son soutien envers l’ensemble de ses partenaires qui agissent pour que les paysannes et les paysans puissent vivre dignement du travail de la terre.

 

LS 94 : Le riche et le pauvre ont une égale dignité parce que « le Seigneur les a faits tous les deux » (Pr 22, 2), « petits et grands, c’est lui qui les a faits » (Sg 6, 7), et « il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 45). Cela a des conséquences pratiques, comme celles qu’ont énoncées les Évêques du Paraguay : « Tout paysan a le droit naturel de posséder un lot de terre raisonnable, où il puisse établir sa demeure, travailler pour la subsistance de sa famille et avoir la sécurité de l’existence. Ce droit doit être garanti pour que son exercice ne soit pas illusoire mais réel. Cela signifie que, en plus du titre de propriété, le paysan doit compter sur les moyens d’éducation technique, sur des crédits, des assurances et la commercialisation ».[77]

 

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