De l’eau, s’il-vous-plaît !

Après la sécheresse de 2011, Caritas Kenya a lancé un appel d’urgence pour 14 des 25 diocèses du pays. Au cours des quatre derniers jours, j’ai visité des projets dans trois de ces diocèses.

Partout, la situation apparaît désolante. La terre est d’une telle aridité. L’absence d’eau est frappante. C’est d’ailleurs la requête principale, voire unique, de la population. Dans le diocèse de Kitui, la situation atteint son comble. La région est déclarée « situation d’urgence » depuis… 1979 ! Sur la route, nous voyons des lits de rivières complètement secs dans lesquels on profite pour creuser des puits « ad hoc » car l’eau apparaît après quelques mètres de profondeur.

En compagnie de collègues de Caritas Kenya, nous avons rencontré Jacintha Kyoko (ci-contre), 48 ans, mère de deux enfants, Elizabeth Mutayi, 25 ans, mère d’un enfant et James Mwalouko (ci-dessous), 38 ans, père de cinq enfants. Tous doivent parcourir 10 kilomètres pour aller chercher de l’eau. À bicyclette, avec deux contenants de 20 litres, l’opération prend un minimum de quatre heures – imaginez lorsque c’est un âne qui sert de véhicule ! Jacintha raconte en riant qu’elle se sent exaucée lorsqu’il n’y a pas d’école car elle peut envoyer les enfants faire le travail ! Elizabeth nous dit qu’elle préférerait ne pas recevoir de nourriture mais que l’argent serve à creuser des puits.

Dans ce contexte, il est triste de constater que le gouvernement kenyan n’a pas de plan à cet égard : pas d’évaluation des besoins, pas de plan d’implantation, etc. On semble improviser chaque fois. Le Kenya mise sur le libre marché pour faire croître l’économie tandis que les investissements ont lieu dans les grands centres urbains. Pourtant, 80 % de la population vit de l’agriculture ou de l’élevage et seulement 4 % du budget national y est consacré. Le manque d’eau entraîne alors la migration des éleveurs vers les champs des communautés qui pratiquent l’agriculture et… les conflits éclatent.

Les Caritas sont conscientes que les interventions doivent donc aussi contenir un aspect de plaidoyer auprès du gouvernement. Est-ce qu’elles saisiront l’occasion des élections présidentielles de décembre 2012 pour exiger des engagements des candidats ? L’évêque du diocèse de Machakos et président de Caritas Kenya, Mgr Martin Kivuva Musonde (ci-contre, avec moi), y compte bien.

Visionnez notre album Flickr Mission Kenya 2012 pour plus de photos.

Par Dominique Godbout, chargée de programme – aide humanitaire

Les femmes sont impliquées de près dans la détermination des priorités de conception des abris dans les camps de réfugiés rohingyas.

Cela fait maintenant quatre ans que l’afflux massif de réfugiés rohingyas du Myanmar vers le Bangladesh a commencé. Quatre ans que Caritas Bangladesh, par le biais de son programme d’intervention d’urgence, travaille sans relâche pour répondre aux besoins critiques des femmes, filles, garçons et hommes rohingyas qui vivent dans les camps de réfugiés à Cox’s Bazar.

Également, depuis 2017, grâce au soutien de milliers de Canadiens et d’Affaires mondiales Canada, Développement et Paix — Caritas Canada aide Caritas Bangladesh à fournir des abris dignes et sûrs aux familles dans des camps encombrés et exposés aux catastrophes.

La politique d’aide internationale féministe du Canada a motivé notre engagement à faire en sorte que les abris répondent aux besoins spécifiques de ceux qui y passent le plus de temps : les femmes, les adolescentes et les autres groupes vulnérables. Cela signifie que les abris doivent être fabriqués avec des matériaux durables, être bien ventilés, disposer d’espaces sécurisés pour cuisiner et se laver, de cloisons pour une meilleure intimité et de serrures pour la sécurité.

L’approche de Caritas Bangladesh en matière de réhabilitation et de construction d’abris, sensible à la dimension de genre et dirigée par la communauté, a eu des effets significatifs sur la communauté, en particulier pour les femmes, les filles et les groupes vulnérables. Les femmes participantes ont acquis la confiance nécessaire pour exprimer leurs besoins et participer aux décisions concernant l’amélioration de leurs abris. Elles ont également acquis des compétences, des connaissances et de l’autonomie en matière de réhabilitation/construction de logements. L’utilisation de ces nouvelles compétences et capacités a également permis de renforcer la cohésion et la fierté de la communauté. Les femmes ressentent également un plus grand sentiment de sécurité et de confiance dans la capacité de leurs abris à résister aux récurrences de phénomènes météorologiques extrêmes.

Caritas Bangladesh aide les femmes Rohingya à acquérir des compétences en matière de planification, de construction et d’entretien des abris.

Au cours de l’année écoulée, les incendies, les inondations, les cyclones et la pandémie de COVID-19 ont créé plusieurs embuches dans la mise en œuvre de la réponse humanitaire. Cela a eu des répercussions négatives sur la sécurité et le bien-être des réfugiés, surtout pour les ménages les plus vulnérables. Malgré ces difficultés, Développement et Paix reste déterminé à soutenir les efforts continus de Caritas Bangladesh pour assurer la dignité des Rohingyas et pour améliorer leur avenir.