Élections fédérales : quelle place pour les enjeux miniers ?

Depuis plusieurs années, Développement et Paix demande la création d’un mécanisme légal d’ombudsman indépendant pour l’industrie extractive canadienne afin d’enquêter sur les plaintes déposées par les populations des pays du Sud affectées par les opérations d’entreprises canadiennes.

Deux rencontres internationales sur la question minière ont eu lieu cet été. En effet, du 17 au 19 juillet, se tenait au Vatican, une rencontre sur le thème « Unis à Dieu nous entendons un cri » organisée conjointement par le Conseil pontifical justice et paix, en collaboration avec le réseau latino-américain Iglesias y Minería.  Cette rencontre a réuni des communautés, de partout dans le monde, victimes de l’exploitation minière. Ces personnes se sont retrouvées pour témoigner, s’encourager et chercher ensemble des solutions face aux impacts de ces activités.

Suite à cette rencontre, les participantes et participants ont rédigé une lettre ouverte dans laquelle ils affirment que « dans nos réflexions sur la doctrine sociale de l’Église, nous, les participants, sommes arrivés à cette conclusion : l’Église ne peut être uniquement un médiateur neutre entre les communautés et les entreprises ». Cette prise de position s’inspire de l’encyclique du pape François, Laudato Si, selon qui « dans les conditions actuelles de la société mondiale, où il y a tant d’inégalités et où sont toujours plus nombreuses les personnes marginalisées, privées des droits humains fondamentaux, le principe du bien commun devient immédiatement, comme conséquence logique et inéluctable, un appel à la solidarité et à une option préférentielle pour les plus pauvres » (LS 158).

Cet appel à l’action a reçu un écho favorable lors de la « Conférence internationale des peuples affectés par les activités minières », qui s’est tenue à Manille, aux Philippines, en juillet dernier. Cette conférence a réuni des personnes directement affectées par les activités minières de même que des organisations et individus préoccupés par ces activités. Dans la déclaration finale, signée par plus d’une centaine d’individus et d’organisations provenant de 29 pays, les participantes et participants affirment être « unis par le désir commun de travailler ensemble à la construction d’un monde libéré des effets destructeurs des activités minières des grandes corporations qui sont guidés par le profit. »

Dans le cadre de la campagne électorale fédérale qui bat actuellement son plein, vous pouvez appuyer les demandes des communautés affectées en faisant entendre votre voix sur les enjeux miniers et les injustices qui en découlent. Vous pouvez le faire en vous inspirant de l’initiative mise en place par le Mining injustice solidarity Network.

Afin que les enjeux miniers soient pris au sérieux, il est essentiel de faire connaître nos préoccupations aux chefs politiques. Faisons-le en grand nombre!