Honduras – Commerce et investissement aux dépens des droits de la personne

À l’aube des élections générales qui auront lieu au Honduras le 24 novembre, Développement et Paix a contesté le gouvernement du Canada pour la signature de l’Accord de libre-échange Canada-Honduras (ALE). Développement et Paix est membre du Groupe d’orientation politique pour les Amériques du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI), qui a publié une lettre ouverte sur la situation au Honduras, le pays où l’expression « république bananière » a vu le jour en raison du contrôle des entreprises fruitières états-uniennes sur le gouvernement, et qui a plus récemment été surnommé « la capitale mondiale du meurtre ».

Depuis le coup d’État de 2009, nos partenaires et les organisations des droits humains ont signalé une détérioration de la situation des droits humains, où des militants de l’opposition, des journalistes, des syndicalistes, et des paysans et dirigeants autochtones sont devenus des cibles de la répression policière et de sombres escadrons de la mort paramilitaires. Au printemps 2012, Pedro Landa de l’organisme CEHPRODEC, partenaire de Développement et Paix, a témoigné devant un comité parlementaire fédéral canadien du fait que la situation des droits humains dans son pays ne constituait pas un contexte propice à l’investissement, et que les projets d’exploitation minière promus par l’ALE pourraient effectivement porter préjudice aux droits humains en permettant la réalisation de projets miniers potentiellement nuisibles alors que le cadre réglementaire en place est inadéquat.

Les principaux prétendants à l’élection générale de dimanche sont Juan Orlando Hernandez du Parti national, et Xiomara Zelaya, épouse de l’ancien président Manuel Zelaya, renversé lors du coup d’État de juin 2009. Zelaya est la candidate du nouveau parti Libre, issu de la résistance au coup d’État.

Voici un extrait de la lettre ouverte :

En tant qu’organisations de la société civile basées au Canada et oeuvrant pour la justice sociale et environnementale ainsi que pour les droits de la personne et des travailleurs, nous nous opposons fortement à l’Accord de libre-échange (ALE) Canada-Honduras. L’absence de garanties démocratiques et juridiques au Honduras est plus que troublante, tout comme la répression et l’impunité qui atteignent des sommets. Dans un tel contexte, les Honduriens ne sont pas en mesure de contester les activités de commerce et d’investissement qui toucheront leurs terres et leur mode de vie, ni de récolter les bénéfices d’une éventuelle croissance économique. Il est donc sûr que l’ALE placera les droits des sociétés avant ceux des collectivités, de la personne et des travailleurs.

[…]

Le Canada peut et doit jouer un rôle plus constructif au Honduras. Au lieu de travailler à intensifier le commerce et les investissements dans un contexte exempt de toutes garanties juridiques ou démocratiques pour les personnes susceptibles d’être affectées, le Canada doit user de son influence afin de créer un changement positif au Honduras. Il doit exhorter les administrations honduriennes à prendre des mesures immédiates pour stopper l’intimidation, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, la torture, les meurtres et les massacres, de même que pour restituer pleinement la liberté d’expression afin que les journalistes, les partis d’opposition et les critiques puissent exprimer des opinions divergentes.

« Nous avons longtemps maintenu que, dans les bonnes conditions, le commerce pouvait générer de la croissance et soutenir la réalisation des droits de la personne. Malheureusement, ces conditions n’existent tout simplement pas au Honduras. Tant et aussi longtemps que des améliorations vérifiables à la gouvernance démocratique et à l’état des droits de la personne n’auront pas été mises en place, l’ALE Canada-Honduras continuera de faire plus de mal que de bien », déplore Stacey Gomez, coordonnatrice du Groupe d’orientation politique pour les Amériques du Conseil canadien pour la coopération internationale.

Lisez la lettre ouverte contre l’Accord de libre-échange Canada-Honduras :
Honduras – Commerce et investissement aux dépens des droits de la personne

Par Dominique Godbout, chargée de programme – aide humanitaire

Les femmes sont impliquées de près dans la détermination des priorités de conception des abris dans les camps de réfugiés rohingyas.

Cela fait maintenant quatre ans que l’afflux massif de réfugiés rohingyas du Myanmar vers le Bangladesh a commencé. Quatre ans que Caritas Bangladesh, par le biais de son programme d’intervention d’urgence, travaille sans relâche pour répondre aux besoins critiques des femmes, filles, garçons et hommes rohingyas qui vivent dans les camps de réfugiés à Cox’s Bazar.

Également, depuis 2017, grâce au soutien de milliers de Canadiens et d’Affaires mondiales Canada, Développement et Paix — Caritas Canada aide Caritas Bangladesh à fournir des abris dignes et sûrs aux familles dans des camps encombrés et exposés aux catastrophes.

La politique d’aide internationale féministe du Canada a motivé notre engagement à faire en sorte que les abris répondent aux besoins spécifiques de ceux qui y passent le plus de temps : les femmes, les adolescentes et les autres groupes vulnérables. Cela signifie que les abris doivent être fabriqués avec des matériaux durables, être bien ventilés, disposer d’espaces sécurisés pour cuisiner et se laver, de cloisons pour une meilleure intimité et de serrures pour la sécurité.

L’approche de Caritas Bangladesh en matière de réhabilitation et de construction d’abris, sensible à la dimension de genre et dirigée par la communauté, a eu des effets significatifs sur la communauté, en particulier pour les femmes, les filles et les groupes vulnérables. Les femmes participantes ont acquis la confiance nécessaire pour exprimer leurs besoins et participer aux décisions concernant l’amélioration de leurs abris. Elles ont également acquis des compétences, des connaissances et de l’autonomie en matière de réhabilitation/construction de logements. L’utilisation de ces nouvelles compétences et capacités a également permis de renforcer la cohésion et la fierté de la communauté. Les femmes ressentent également un plus grand sentiment de sécurité et de confiance dans la capacité de leurs abris à résister aux récurrences de phénomènes météorologiques extrêmes.

Caritas Bangladesh aide les femmes Rohingya à acquérir des compétences en matière de planification, de construction et d’entretien des abris.

Au cours de l’année écoulée, les incendies, les inondations, les cyclones et la pandémie de COVID-19 ont créé plusieurs embuches dans la mise en œuvre de la réponse humanitaire. Cela a eu des répercussions négatives sur la sécurité et le bien-être des réfugiés, surtout pour les ménages les plus vulnérables. Malgré ces difficultés, Développement et Paix reste déterminé à soutenir les efforts continus de Caritas Bangladesh pour assurer la dignité des Rohingyas et pour améliorer leur avenir.