Karibu !

Je connaissais Nairobi pour y avoir transité, maintes fois, alors que j’étais en direction du Rwanda ou du Burundi. Je logeais au centre-ville, le temps d’une nuit, le temps de repartir. Cela fait à peine 24 heures que je suis là mais la situation est différente. Je loge à l’extérieur de la ville, dans le quartier Westlands, à 15 minutes du centre-ville au All Africa Council of Churches. Un quartier aisé mais surtout loin des embouteillages monstres du centre-ville. Monstre ? À l’heure de pointe – lire entre 8 h et 19 h, un déplacement de 15 minutes peut prendre deux heures !

On vient aussi dans ce quartier pour des raisons de sécurité. En octobre et novembre dernier, 3 grenades ont été lancées au centre-ville tuant 5 personnes et blessant une vingtaine. Les menaces d’enlèvements sont aussi présentes. On attribue ces incidents à l’Al Shabaab, un groupe d’extrémistes somaliens qui veut répliquer aux incursions kenyanes sur leur territoire. Le Kenya refuse maintenant d’accueillir tout nouveau réfugié somalien, de peur que des « terroristes » s’y glissent.

C’est que le Kenya veut sécuriser son territoire. Il tient des élections présidentielles à la fin de cette année. Les dernières, celles de 2008, avaient causé plus de 1 500 morts. Des événements qui avaient mis en exergue les conflits tribaux et, surtout, les nombreuses inégalités. Les Kenyans ont peur que cela se reproduise. Chacun pour ses raisons. À Nairobi, ceux que j’ai croisés, du chauffeur de taxi au serveur du restaurant, ont souffert de la diminution du nombre de touristes qui fait vivre une grande partie de la population. Ailleurs, ce sera différent.

À peine 24 heures donc. Vous ai-je dit que je n’ai reçu mes bagages qu’aujourd’hui ? Le froid et la neige perturbent tous les vols de ou vers l’Europe. Le vol Montréal-Amsterdam a été retardé de trois heures. J’ai eu 30 minutes pour obtenir ma correspondance pour Nairobi. J’y suis arrivé, mes bagages, non.

Par Dominique Godbout, chargée de programme – aide humanitaire

Les femmes sont impliquées de près dans la détermination des priorités de conception des abris dans les camps de réfugiés rohingyas.

Cela fait maintenant quatre ans que l’afflux massif de réfugiés rohingyas du Myanmar vers le Bangladesh a commencé. Quatre ans que Caritas Bangladesh, par le biais de son programme d’intervention d’urgence, travaille sans relâche pour répondre aux besoins critiques des femmes, filles, garçons et hommes rohingyas qui vivent dans les camps de réfugiés à Cox’s Bazar.

Également, depuis 2017, grâce au soutien de milliers de Canadiens et d’Affaires mondiales Canada, Développement et Paix — Caritas Canada aide Caritas Bangladesh à fournir des abris dignes et sûrs aux familles dans des camps encombrés et exposés aux catastrophes.

La politique d’aide internationale féministe du Canada a motivé notre engagement à faire en sorte que les abris répondent aux besoins spécifiques de ceux qui y passent le plus de temps : les femmes, les adolescentes et les autres groupes vulnérables. Cela signifie que les abris doivent être fabriqués avec des matériaux durables, être bien ventilés, disposer d’espaces sécurisés pour cuisiner et se laver, de cloisons pour une meilleure intimité et de serrures pour la sécurité.

L’approche de Caritas Bangladesh en matière de réhabilitation et de construction d’abris, sensible à la dimension de genre et dirigée par la communauté, a eu des effets significatifs sur la communauté, en particulier pour les femmes, les filles et les groupes vulnérables. Les femmes participantes ont acquis la confiance nécessaire pour exprimer leurs besoins et participer aux décisions concernant l’amélioration de leurs abris. Elles ont également acquis des compétences, des connaissances et de l’autonomie en matière de réhabilitation/construction de logements. L’utilisation de ces nouvelles compétences et capacités a également permis de renforcer la cohésion et la fierté de la communauté. Les femmes ressentent également un plus grand sentiment de sécurité et de confiance dans la capacité de leurs abris à résister aux récurrences de phénomènes météorologiques extrêmes.

Caritas Bangladesh aide les femmes Rohingya à acquérir des compétences en matière de planification, de construction et d’entretien des abris.

Au cours de l’année écoulée, les incendies, les inondations, les cyclones et la pandémie de COVID-19 ont créé plusieurs embuches dans la mise en œuvre de la réponse humanitaire. Cela a eu des répercussions négatives sur la sécurité et le bien-être des réfugiés, surtout pour les ménages les plus vulnérables. Malgré ces difficultés, Développement et Paix reste déterminé à soutenir les efforts continus de Caritas Bangladesh pour assurer la dignité des Rohingyas et pour améliorer leur avenir.