L’Église célèbre le 50e anniversaire de Pacem In Terris

L’Église catholique célèbre actuellement le 50e anniversaire de Pacem in Terris (Paix sur la Terre), l’encyclique du pape Jean XXIII qui a bouleversé la vision du monde de l’Église. Publiée le 11 avril 1963, cette lettre constitue un document vivant qui a guidé le travail de Développement et Paix dès sa fondation, quatre ans plus tard.

Première encyclique à s’adresser non seulement aux catholiques, mais aussi à « toutes les personnes de bonne volonté », Pacem in Terris a reconnu l’étendue des droits des travailleurs, le progrès social des femmes et le rayonnement de la démocratie, tout en affirmant que la guerre n’est pas un moyen adéquat pour obtenir justice. Ainsi, le message pontifical établissait les fondements pour l’atteinte d’une paix juste et durable.

Par ailleurs, Pacem in Terris a encouragé l’Église catholique et les organisations confessionnelles à s’engager fermement dans la promotion des droits de la personne, de la justice, de l’édification de la paix et de la résolution pacifique des conflits. Dans les années qui ont suivi la publication du texte, les conférences épiscopales ont fondé de nombreux centres des droits de la personne, tandis que des mouvements catholiques pour la paix voyaient le jour partout dans le monde. Cinquante ans plus tard, il est plus facile d’apprécier la vision prophétique de l’encyclique, rédigée à l’époque où la planète s’apprêtait à vivre la mondialisation et, possiblement, l’anéantissement nucléaire. En effet, signé par Jean XXIII un mois avant son décès, Pacem in Terris se veut l’héritage du pontife au Concile Vatican II, une assemblée qu’il avait convoquée pour « ouvrir les fenêtres de l’Église » sur le monde moderne. Ainsi, l’encyclique se termine par un vibrant appel à fortifier les quatre piliers de la paix – la vérité, la justice, l’amour et la liberté –, des vertus que nous devons tous cultiver et mettre en œuvre. En outre, les défis énumérés par le pape sont toujours d’actualité : il ne peut être question de paix sans développement et, par conséquent, sans justice.

Aujourd’hui, gardons en mémoire la conclusion de Pacem in Terris : « Mais la paix n’est qu’un mot vide de sens, si elle n’est pas fondée sur [un] ordre qui repose sur la vérité, se construit selon la justice, reçoit de la charité sa vie et sa plénitude, et enfin s’exprime efficacement dans la liberté. »