Développement et Paix s’inquiète des menaces contre les défenseurs des droits de la personne au Nigéria

18 avril 2013
Montréal

Développement et Paix s’inquiète des menaces croissantes pesant contre les défenseurs des droits de la personne au Nigéria, dans la foulée d’un incident qui a vu des employés du Centre d’action pour les droits économiques et sociaux (SERAC) se faire battre et arrêter par la police pour de prétendues infractions au nouveau règlement de circulation routière, adopté en 2012. Le SERAC est un organisme partenaire de Développement et Paix au Nigéria.

Le 26 mars, la police a intercepté deux véhicules du SERAC, dont un affecté au directeur du centre, pour une infraction présumée au règlement routier. Les passagers ont été forcés de quitter leur véhicule, pendant que leurs chauffeurs étaient roués de coups. Tous ont ensuite été menés au poste de police, où les chauffeurs ont été détenus jusqu’au 9 avril. Les véhicules, confisqués lors de l’événement, demeurent sous saisie.

Cette histoire s’est produite peu après que le SERAC ait présenté une pétition à la Banque mondiale pour faire valoir son inquiétude quant à la démolition récente de domiciles par le département d’État de la ville de Lagos. Ces destructions ont été entreprises en lien avec le Projet de développement et de gouvernance de la métropole de Lagos, une initiative de développement cofinancée par la Banque mondiale. Évalué à environ 200 millions de dollars US, le projet vise à « augmenter l’accès durable aux services urbains de base à l’aide d’investissements dans les infrastructures essentielles [de la ville] ». Jusqu’à maintenant, 150 000 personnes ont été évincées de leur domicile. Cependant, aucune disposition n’a été prévue pour leur venir en aide, même si, en théorie, elles auraient dû bénéficier de l’initiative.

En février 2013, suite à l’expulsion de milliers de résidents de la collectivité de Badia, le SERAC a lancé une campagne de sensibilisation sur les conséquences du projet. En effet, Badia était la troisième collectivité (parmi les neuf touchées par le projet) à subir des évictions forcées.

La campagne du SERAC a réussi à attirer l’attention de médias locaux et internationaux.

Suivant le dépôt de la pétition du SERAC, un inspecteur de la Banque mondiale a été dépêché pour vérifier si le projet se conformait aux Politiques de sauvegarde et au Cadre de politique de réinstallation mis en place en vue de sa réalisation. L’incident relaté ci-dessus, qui a mené à la détention d’employés du SERAC, est survenu peu de temps après.

Développement et Paix réitère son appui aux efforts du SERAC pour venir en aide aux groupes menacés d’expulsion forcée au Nigéria, et plus particulièrement dans la ville de Lagos, où la pauvreté urbaine affecte environ 70 % de la population. L’organisation a fait parvenir une lettre à la Banque mondiale (en anglais seulement) ainsi qu'au gouvernement de l’État de Lagos pour exprimer sa préoccupation quant aux expulsions forcées et pour exiger une enquête sur la démolition de maisons dans les collectivités ciblées par le projet.

Développement et Paix affirme sa solidarité à l’égard du SERAC et continue d’appuyer sa lutte courageuse pour défendre les droits des citadins pauvres de Lagos.

Pour plus d’information, veuillez vous adresser à :
Kelly Di Domenico, agente de communications
514 257-8711 poste 365
kelly.didomenico@devp.org