Une COP marquée par l’inaction malgré l’urgence d’agir

24 novembre 2016
Montréal

Montréal (Canada), 23 novembre 2016 – La COP22 qui s’est achevée le 18 novembre à Marrakech ne passera pas à l’histoire comme la COP de l’action promise. Les discussions sur l’agriculture et les finances climatiques sont certainement les grandes perdantes de ces négociations, principalement en ce qui concerne les fonds pour les mesures d’adaptation. Alors que tous espéraient que la COP22 permettrait de passer des paroles aux actes, les discussions qui s’achèvent laissent plutôt entrevoir une route longue et sinueuse pour en arriver à des solutions concrètes.

Des dynamiques de développement agricole différentes

L’agriculture est responsable du quart des émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’échelle mondiale et les populations des pays du Sud souffrent déjà grandement des dérèglements climatiques. Le débat est polarisé : d’un côté, une industrialisation importante de l’agriculture, fortement émettrice de gaz à effet de serre, et de l’autre, des tissus ruraux qui reposent sur des modèles de petite agriculture familiale, victimes des changements climatiques. 

Considérant que les paysans dans les pays du Sud représentent environ 85 % des agriculteurs et produisent 60 % des aliments consommés dans le monde, alors qu’ils n’occupent que 20 à 30 % des terres arables, il importe de leur accorder une attention et un soutien accrus.

« Le Canada doit en faire plus afin de soutenir l’agriculture paysanne et l’agroécologie, non seulement car ces pratiques ont un impact moindre sur les changements climatiques et l’émission de GES, mais également car c’est la petite agriculture familiale qui nourrit le monde, » a déclaré Geneviève Talbot, agente de plaidoyer à Développement et Paix ayant participé à la COP22.

Les finances climatiques

S’il est vrai que toutes les parties doivent atténuer leurs émissions de GES, il importe de reconnaitre que les besoins les plus pressants pour les pays du Sud sont en matière d’adaptation aux changements climatiques. « Le manque d’engagement clair des pays développés à mettre en place des fonds d’adaptation et des mesures qui favoriseraient, entre autres, l’agroécologie et l’agriculture paysanne, pousse les pays du Sud à refuser tout compromis et bloque les discussions, » a déclaré Geneviève Talbot.

Développement et Paix – Caritas Canada réitère son appel au gouvernement canadien à jouer un rôle de leader et à appuyer, financièrement et techniquement, des mesures d’adaptation qui permettront aux petites exploitations familiales de faire face aux impacts des changements climatiques tout en continuant à nourrir le monde. L’engagement financier de 2,65 milliards de dollars annoncé par le gouvernement du Canada doit servir à appuyer des projets d’adaptation ayant des mécanismes financiers suffisamment flexibles pour soutenir les populations vulnérables et non seulement pour des solutions en matière d’énergie propre et renouvelable, tel que la ministre McKenna en a fait l’annonce lors de la COP22.

Les engagements du Canada sur les finances climatiques sont insuffisants. Ils couvrent principalement la diminution des GES dans les pays du Sud et laisse peu de place à des fonds pour des mesures d’adaptation. Les financements doivent aller à appuyer financièrement des pratiques agricoles qui sont bonnes pour l’environnement, comme l’agroécologie, à s’assurer que les petites agricultrices et agriculteurs familiaux aient une voix dans les décisions politiques qui les concernent et à défendre l’accès sécuritaire à la terre pour les paysannes et paysans.

À propos de Développement et Paix – Caritas Canada

Développement et Paix figure parmi les organisations de développement international les plus importantes au Canada. Elle a été fondée en 1967 par les évêques catholiques du Canada, dans le but d’inspirer la population canadienne à agir en solidarité avec ses sœurs et frères des pays du Sud qui subissent l’injustice de la pauvreté. Depuis 50 ans, Développement et Paix a investi 600 millions de dollars dans plus de 15 000 projets en Afrique, en Amérique latine, en Asie et au Moyen-Orient.

Développement et Paix est un mouvement fort et diversifié regroupant des Canadiennes et des Canadiens de l’ensemble du pays, qui agissent pour la justice, afin de permettre aux personnes les plus pauvres de vivre dans le respect et la dignité. Développement et Paix est aussi Caritas Canada, membre officiel de la confédération Caritas Internationalis, un réseau international de plus de 160 organisations catholiques de développement. www.devp.org

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Supplément d’information
L’étude « L’agriculture au cœur de la justice paysanne » publiée récemment par l’organisation permet de s’interroger sur la place de l’agriculture tant dans les réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) que dans l’adaptation de notre système de production alimentaire.