Carême de partage 2013 - Les visages de la dignité humaine

CEAS : la dignité humaine c’est le droit à des conditions de travail décentes

13 février 2013

Le métier de mineur est l’un des plus dangereux au monde. Les mineurs doivent travailler très dur, loin sous terre, dans des espaces sombres et confinés où l’air est humide et vicié. On utilise souvent la dynamite pour déloger la roche qui entoure les minerais. Selon l’Organisation internationale du travail, les mineurs représentent seulement 1 % de la main-d’œuvre du monde, mais ils sont victimes de 8 % des accidents du travail mortels. De plus, les blessures, la maladie et les effets à long terme sur la santé sont fréquents. Ces conditions de travail difficiles sont aggravées dans les pays du Sud, où les règles de sécurité sont souvent ignorées ou non appliquées.

Ante Oyos de Serra Caja Martino qui a travaillé comme mineur au Pérou est bien placé pour le savoir. Il a commencé à travailler dans une mine appartenant à des intérêts étrangers à l’âge de 23 ans, mais huit ans plus tard, à 31 ans, il a été obligé d’arrêter à cause d’une déficience physique. « Cette déficience a été causée par la manipulation de matériaux lourds dans la mine et par l’absence de soins offerts aux travailleurs », dit-il avant d’ajouter que « la plupart des mineurs souffrent également de symptômes de contamination au mercure ». L’entreprise qui possède la mine n’a pas voulu reconnaître que les maladies et les blessures subies par les mineurs étaient associées à leurs conditions de travail.

Les effets néfastes sur la santé font partie des nombreux impacts sociaux de l’exploitation minière sur les communautés locales. La Commission épiscopale pour l’action sociale (CEAS), partenaire de Développement et Paix, dispense de la formation aux chefs de la communauté locale pour les aider à connaître leurs droits face aux minières et à d’autres industries extractives, mais également pour les appuyer dans la défense de leurs droits. Ante, qui a participé aux ateliers de formation offerts par la CEAS est reconnaissant de la chance qu’il a reçu d’avoir une seconde carrière lui permettant de défendre les droits de sa communauté afin d’éviter que d’autres subissent le même sort.