Carême de partage 2013

La Commission épiscopale sur l’action sociale (CEAS)

13 février 2013

Au Pérou, les Andes dominent le paysage. Leur beauté sauvage dissimule une misère croissante, où des communautés vivant le long des crêtes subissent les répercussions sociales et environnementales des concessions minières. À l’heure actuelle, plus de 13 % du territoire péruvien a été distribué en concessions, généralement sans consultation des communautés. Bien que tout le territoire ne soit pas exploité, l’arrivée souvent inattendue des entreprises extractives est à l’origine de conflits sociaux destructeurs.

Partenaire de Développement et Paix au Pérou, la Commission épiscopale sur l’action sociale (CEAS) accompagne les communautés dans leur lutte pour la justice écologique et la gestion locale de leurs ressources naturelles afin qu’elles puissent retrouver une vie digne dans un milieu propre et salubre. CEAS informe les communautés de leurs droits afin qu’elles puissent engager un dialogue avec les entreprises et revendiquer des consultations et des indemnisations équitables.

Fondée en 1965 en tant qu’organisation officielle de l’Église au Pérou pour promouvoir l’enseignement social de l’Église et défendre les droits de la personne, CEAS soutient la communauté de La Oroya, considéré comme l’un des endroits les plus pollués du monde en raison de la présence d’une fonderie située en périphérie de la ville et dont les intérêts sont en provenance des États-Unis.

CEAS a participé à l’organisation d’analyses du sang et du sol, qui ont révélé des taux élevés de plomb et d’autres toxines. Ces preuves ont mené à la fermeture de la fonderie pendant trois ans et à l’adoption de normes environnementales à respecter lors de sa réouverture.

« Nous devons agir de manière à respecter la vie et la dignité de toutes les personnes humaines, permettre la participation adéquate de tous les citoyens du Pérou et réduire la dégradation environnementale, les conflits et la division », a déclaré Monseigneur Pedro Ricardo Barreto, vice-président de CEAS, durant son témoignage au sous-comité sur l’Afrique, la santé dans le monde et les droits de l’homme de la Chambre des représentants des États-Unis. Il s’exprimait au nom des communautés touchées par l’industrie minière pour exprimer les injustices qu’elles vivent et réclamer que les entreprises appartenant à des intérêts états-uniens respectent les normes environnementales dans l’exercice de leurs activités.

« Il va de soi que le peuple du Pérou, ses travailleurs et ses habitants, doit avoir une part des bénéfices provenant des industries extractives et ne pas souffrir de ces activités », dit-il, confirmant le fait que CEAS continuera à lutter aux côtés des communautés concernées.

Lisez aussi : CEAS : la dignité humaine c’est le droit à des conditions de travail décentes.