Dire Dawa

Dimanche matin, nous arrivons à Dire Dawa, dans l’est du pays. L’influence française est bien visible ici avec la gare du mythique chemin de fer Addis Ababa – Djibouti (inscription en français !) et les vieilles Peugeot qui font office de taxis (à Addis, ce sont plutôt des Lada). Bekele et Belayheh, respectivement coordonnateur et assistant de la Caritas du diocèse (vicariat apostolique) de Harar, nous attendent à l’aéroport. Cette Caritas est la plus importante du pays et les collègues des autres régions viennent souvent la visiter. Nous allons vite comprendre pourquoi !

Dans une voiture, sur des routes souvent à peine carrossables, nous avons pu visiter des groupes de femmes qui font du microcrédit, des coopératives d’agriculteurs qui font notamment le commerce de semences, des champs nouvellement irrigués et des points d’eau. Nous étions même présents lors d’une impressionnante distribution de bétail pour pallier aux milliers de pertes des derniers mois ainsi qu’à la vaccination de plus de 3 000 animaux, des initiatives financées par l’appel d’urgence du réseau Caritas.

Il est 16 h lorsque nous prenons la première pause. Nous irons par la suite à Harar afin de visiter le vicaire apostolique, Mgr Woldetensaé Ghebreghiorghis. Harar est une ville fascinante, entourée de murailles. Elle est considérée comme la quatrième ville la plus sainte de l’Islam. Il y a en fait 80 mosquées dans cette petite enclave et l’archevêché est situé juste à côté de la plus importante. Monseigneur sourit en disant qu’on le taquine de n’avoir jamais répondu aux appels ! Plus sérieusement, il est aussi l’instigateur d’un dialogue interreligieux sur lequel repose la cohésion sociale dans la région.

Mgr Ghebreghiorhis a participé dernièrement à la mission visant à comprendre la situation des réfugiés somaliens en Éthiopie en compagnie de Mgr Giorgio Bertin, évêque de Djibouti et administrateur apostolique de Mogadiscio. Ce dernier déclarait : «Nous avons voulu porter la solidarité du monde catholique et, dans le même temps, impliquer plus fortement l’Eglise dans une zone au sein de laquelle elle n’est traditionnellement pas très fortement présente, le territoire en question étant en grande partie habité par des musulmans somaliens.»

Mercredi, Kelly, Danielle et moi voyagerons à Djibouti et rencontrerons Mgr Bertin. Il aura beaucoup à nous raconter.

Par Dominique Godbout, chargée de programme – aide humanitaire

Les femmes sont impliquées de près dans la détermination des priorités de conception des abris dans les camps de réfugiés rohingyas.

Cela fait maintenant quatre ans que l’afflux massif de réfugiés rohingyas du Myanmar vers le Bangladesh a commencé. Quatre ans que Caritas Bangladesh, par le biais de son programme d’intervention d’urgence, travaille sans relâche pour répondre aux besoins critiques des femmes, filles, garçons et hommes rohingyas qui vivent dans les camps de réfugiés à Cox’s Bazar.

Également, depuis 2017, grâce au soutien de milliers de Canadiens et d’Affaires mondiales Canada, Développement et Paix — Caritas Canada aide Caritas Bangladesh à fournir des abris dignes et sûrs aux familles dans des camps encombrés et exposés aux catastrophes.

La politique d’aide internationale féministe du Canada a motivé notre engagement à faire en sorte que les abris répondent aux besoins spécifiques de ceux qui y passent le plus de temps : les femmes, les adolescentes et les autres groupes vulnérables. Cela signifie que les abris doivent être fabriqués avec des matériaux durables, être bien ventilés, disposer d’espaces sécurisés pour cuisiner et se laver, de cloisons pour une meilleure intimité et de serrures pour la sécurité.

L’approche de Caritas Bangladesh en matière de réhabilitation et de construction d’abris, sensible à la dimension de genre et dirigée par la communauté, a eu des effets significatifs sur la communauté, en particulier pour les femmes, les filles et les groupes vulnérables. Les femmes participantes ont acquis la confiance nécessaire pour exprimer leurs besoins et participer aux décisions concernant l’amélioration de leurs abris. Elles ont également acquis des compétences, des connaissances et de l’autonomie en matière de réhabilitation/construction de logements. L’utilisation de ces nouvelles compétences et capacités a également permis de renforcer la cohésion et la fierté de la communauté. Les femmes ressentent également un plus grand sentiment de sécurité et de confiance dans la capacité de leurs abris à résister aux récurrences de phénomènes météorologiques extrêmes.

Caritas Bangladesh aide les femmes Rohingya à acquérir des compétences en matière de planification, de construction et d’entretien des abris.

Au cours de l’année écoulée, les incendies, les inondations, les cyclones et la pandémie de COVID-19 ont créé plusieurs embuches dans la mise en œuvre de la réponse humanitaire. Cela a eu des répercussions négatives sur la sécurité et le bien-être des réfugiés, surtout pour les ménages les plus vulnérables. Malgré ces difficultés, Développement et Paix reste déterminé à soutenir les efforts continus de Caritas Bangladesh pour assurer la dignité des Rohingyas et pour améliorer leur avenir.